RÉUNION: Bagasse ou éthanol... les possibilités qui carburent


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Comment atténuer les dégâts ? La crise pétrolière, avec son cortège de hausses de prix de carburant et d’électricité a de quoi faire travailler les neurones. En très haut lieu, la réflexion autour de la politique énergétique est examinée sous un nouvel angle. Une réunion, présidée par le Premier ministre Paul Bérenger a eu lieu autour de la question au bâtiment du Trésor, à Port-Louis, hier. Objectif : se pencher sur les possibilités de réduire l’impact de la crise sur Maurice. Plusieurs études de viabilité seront commandées par le gouvernement, notamment autour de l’utilisation de l’éthanol.

Dans un premier temps, le Central Electricity Board (CEB) pilotera une campagne visant à faire baisser la consommation d’électricité aux heures de pointe pour ainsi réduire les dépenses de l’organisme. Ce n’est cependant qu’une première mesure. A moyen terme, le gouvernement envisage d’augmenter l’utilisation de sources d’énergie alternatives. En outre, certains projets de production d’énergie, considérés comme n’étant pas viables dans le passé, ont ainsi été revus.

Utiliser la bagasse comme combustible pour produire de l’électricité reste populaire. "Tout le monde est unanime sur le grand potentiel de la bagasse. De plus, cela cadre avec la réforme de l’industrie sucrière", affirme un participant à la réunion. L’éthanol est un autre carburant qui a un potentiel certain dans le cadre de la réforme. Pour l’instant, le pays produit de l’éthanol à partir de la mélasse. Le gouvernement explore la possibilité de promouvoir cette source d’énergie

La compagnie Alcodis est citée en exemple. Hier, cette usine de Rose-Belle, appartenant au groupe Roland Maurel, a d’ailleurs exporté sa première cargaison de ce dérivé du sucre qu’est l’éthanol. Pas moins de 3,5 millions de litres ont quitté le pays à bord du Jo Laguna, un liquid bulk tanker de 136 mètres de long, pour mettre le cap sur l’Union européenne. Cette première exportation servira de biocarburant dans des pays d’Europe qui souhaitent privilégier cette source d’énergie renouvelable. L’éthanol y est en effet utilisé comme un substitut de l’essence à 100 % pour des moteurs spécialement adaptés.

Le produit est également mélangé à de l’essence dans des proportions variant de 5 à 30 %, sans pour autant occasionner une modification du moteur traditionnellement. Le Brésil a été cité en exemple. Une voiture sur quatre y fonctionne à l’essence à base d’éthanol.

Pour le gouvernement, le mélange essence-éthanol semble aussi attrayant. Par an, le pays importe 90 000 tonnes d’essence. Le pays dispose de plus de 18 000 tonnes d’éthanol annuellement. Une étude détaillée sera commandée prochainement pour examiner la viabilité d’un tel mélange pour Maurice.

L’énergie éolienne a également été mentionnée, mais n’est pas considérée comme étant fiable. Le nucléaire comme producteur d’électricité ne semble plus être à l’ordre du jour. Les participants à la réunion ont conclu que ce n’était pas approprié sur le moyen et le long terme.

Les ministres Pravind Jugnauth (vice-Premier ministre et ministre des Finances), Nandho Bodha (Agriculture), Alan Ganoo (Utilités publiques) ainsi que des hauts cadres de la CEB, le Mauritius Research Council, le Joint Economic Council, la Chambre d’Agriculture et la Mauritius Sugar Authority ont pris part à la réflexion

L'Express 31 aout 2004