Enfin des règlements pour protéger la vie marine


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Les parcs marins de Blue-Bay et de Balaclava seront régis par des règlements stricts. Baignade, pêche ou sports nautiques n'auront lieu que dans des zones précises.

La zone du parc marin de Balaclava à l'arrière-plan. Des centres comprenant notamment un auditorium et un laboratoire seront créés pour sensibiliser le public et les touristes à la nécessité de protéger les zones sensibles afin de préserver la biodiversité marine.

 

Longue fut leur gestation. Mais avec l'entrée en vigueur des Marine Reserves Protected Areas Regulations, les parcs marins émergeront enfin. Après des années de laisser-aller, les choses devront changer à Balaclava et à Blue-Bay, notamment en ce qui concerne les activités de pêche et de sports nautiques.

Ces parcs marins existent depuis 1997, mais aucune réglementation n'avait été prévue pour la gestion quotidienne de ces espaces protégés. Cette lacune sera bientôt comblée. Ce n'est plus qu'une question de semaines. Vinod Rathacharen, Scientific Officer au ministère de la Pêche, explique que "les nouvelles réglementations, approuvées par le Conseil des ministres n'attendent plus que leur publication officielle pour être effectives."

De Batterie-des-Mortiers à Petite-Pointe-aux-Piments, pour le Balaclava Marine Park qui s'étend sur 485 hectares, et de Pointe-Corps-de-Garde à Pointe-Vacoas (soit 353 hectares) pour celui de Blue-Bay, l'exploitation de la mer sera sévèrement régie. Les zones exclusives de baignade, d'activités touristiques, de loisirs ou de pêche seront délimitées.

Pêche interdite

Pour assurer la protection des lagons, certaines formes de pêche seront interdites dans les parcs, notamment la pêche au casier et à la senne. La pêche à la ligne sera autorisée dans certaines zones, mais uniquement si l'amateur n'utilise pas de bateau. La pêche en bateau, même à la ligne, ne pourra avoir lieu qu'hors du lagon, à un kilomètre au moins des récifs.

Les rares hôtels qui sont pieds dans l'eau dans ces endroits protégés, bénéficient d'un plus marketing auprès de leur clientèle. Ils ne devraient donc pas rechigner à s'adapter aux nouvelles donnes. Un espace précis est prévu pour le ski et autres sports nautiques, de même que pour les bateaux à fond de verre et autres plaisanciers. Alors qu'ils pouvaient jusqu'à présent s'approprier librement l'espace marin, ils devront désormais disposer d'un permis pour opérer, sous conditions, dans certaines zones.

Les bateaux devront notamment disposer d'un point d'ancrage défini au préalable. Les contrevenants seront sanctionnés. Ils encourront une amende variant entre Rs 2 000 et Rs 50 000 et les récidivistes une peine d'emprisonnement n'excédant pas deux ans. Une dizaine d'officiers du Fisheries Protection Service seront postés dans ces lieux sensibles. Ils bénéficieront d'une formation précise pour appliquer ces règles.

Un fonds de Rs 50 millions, budgété depuis 1995, sera finalement utilisé pour la construction de deux centres marins, l'un à Pointe-aux-Piments et l'autre à Blue-Bay à côté du terrain de Naïade Resorts. Ces centres auront pour fonction de sensibiliser et d'éduquer le public mauricien et les touristes étrangers. Ces centres comprendront un auditorium, une boutique-souvenir, une cafétéria et un laboratoire. "Ces infrastructures, nous permettront d'expliquer au public la nécessité de préserver de tels sites" , précise Deep Rumjeet du centre de recherches d'Albion.

Tout nouveau projet hôtelier dans ces zones devra répondre à des exigences très rigoureuses en matière de protection de l'environnement marin. Il devra se conformer à des spécifications particulières pour obtenir le permis d'Environment Impact Assessment. Le centre de recherches d'Albion, qui a piloté ce projet dès le départ, se penche désormais sur de futurs sites susceptibles d'être transformés en parcs marins ou en réserves de pêche. Sur sa liste figurent l'île Plate, le Coin de Mire, St-Brandon, Rodrigues et Agaléga.

Patrick HILBERT
Valérie VENCATACHELLUM

HISTORIQUE

Un projet vieux de 30 ans

Cela fait plusieurs décennies qu'on en parle. En fait, les sites éligibles pour être des zones marines protégées avaient été définis par la Food & Agricultural Organisation des Nations unies dès les années 1970. "A l'époque, Maurice avait d'autres priorités que la protection de l'environnement. Elle n'en avait d'ailleurs pas les moyens", explique Vinod Rathacharen, Scientific Officer au ministère de la pêche. Ce n'est qu'au début des années 90 que le pays se dote d'un ministère entièrement consacré à la protection de l'environnement. Dès 1998, le New Fisheries & Marine Resources Bill propose la création de réserves marines. La loi est finalement votée en juillet 2000. Mais celle-ci ne prévoit pas les règlements organisant les activités humaines autour des sites sensibles censés préserver la biodiversité marine pour les générations futures.

 

L'Express 3 aout 2001