Environnement-Les îlots autour de Maurice :

Non négligeables mais si négligés…


Return to: Local News

La Task Force mise sur pied en février 2001 sur les îlots autour de Maurice a remis son rapport au ministre de l'Environnement qui, à son tour, l'a présenté au Conseil des ministres, le vendredi 1er juin. Les recommandations ont été approuvées par le Conseil des ministres et un comité de suivi sera institué pour la mise en pratique de celles-ci. Consternant, honteux : tel est l'état de la plupart des 49 îlots qui font comme un demi-cercle autour de Maurice. À part trois d'entre eux - Ile aux Aigrettes, Ile Ronde et Ile aux Serpents, qui bénéficient du travail scrupuleux et attentif de la Mauritius Wildlife -, tous sont livrés à la merci de visiteurs peu enclins à la protection de l'environnement. Si ce n'est abandonnés à leurs propres sorts, sans aucun contrôle, même si sept îlots sont déjà des réserves naturelles dûment proclamées.

Ces îlots peuvent être aussi petits avec une superficie de 253 mètres carrés que très confortables dans des espaces de 253 hectares. C'est donc un territoire non négligeable mais si négligé… Les sept péchés capitaux infligés à ces îlots sont : érosion sérieuse; toutes sortes de déchets; destruction des arbres; feux improvisés pour grillades; aucune facilité sanitaire pour les pique-niqueurs; constructions inadéquates et graves négligences ou total abandon. Plusieurs de ces îles sont d'un intérêt certain en termes de conservation, en raison de leurs flore et faune indigènes et uniques. Des îles ont été identifiées pour usage strict de conservation, à l'instar de l'Ile Ronde, Coin de Mire, l'Ile aux Serpents, l'Ile Plate, l'îlot Gabriel, pour la côte nord, et l'Ile aux Aigrettes, l'île Marianne, l'île Vacoas et l'île de la Passe, dans la baie de Mahébourg.

La classification des 49 îlots par catégorie s'avère nécessaire pour optimiser leur utilisation. En premier lieu, les Strict Nature Reserves. Cela concerne neuf îlots et un programme spécifique devra être mis au point pour la préservation de leur écosystème et seront réservés à la recherche scientifique. Le public n'y aura pas accès. Ensuite, on passe aux Open Nature Reserves constituées de sept îlots avec des valeurs écologiques sûres et qui pourront être visitées selon des règlements précis et sous contrôle. Ces îlots tomberont dans la catégorie du Islets National Park. Les 29 autres îlots n'ont pas de grande valeur en termes de biodiversité mais présentent de bons potentiels pour les activités touristiques et de loisirs. D'ailleurs, il y en un - Ilot Matapan au large de la côte nord-est - qui a déjà un statut de plage publique. L'Ile Goyaves de Chine et l'îlot Bambaras (au nord-est) sont utilisés actuellement à des fins religieuses par la Pte. de Flacq Hindu Sewa Sangh et la Sanatan Dharma Temple Federation respectivement; l'Ile aux Deux Cocos est déclarée "marine protected area" et l'îlot Fortier, à Grande Rivière Noire, est une propriété privée. L'Ile aux Bénitiers (au sud-ouest) est déjà identifiée pour un projet d'hôtel qui sera présenté par la société FAIL, et l'Ile aux Cerfs opère déjà comme une base touristique. D'autres îlots - 22 en tout - sont loués à des particuliers, des sociétés commerciales ou des hôtels.

Les recommandations de la Task Force portent donc principalement sur la création d'un « Islets National Park "; pour 16 îlots classés comme réserves naturelles et d'espaces maritimes d'un kilomètre autour de ces îles. Tout cela sera placé sous l'égide du National Parks and Conservation Service. D'autres organismes comme le service des Bois et Forêts et le ministère de l'Environnement seront aussi de la partie et il n'est pas exclu que des ONG - comme c'est le cas actuellement avec la Mauritius Wildlife, qui détient le bail pour l'Ile aux Aigrettes - participent à la gestion environnementale de certains îlots. À terme, c'est une « Islets Authority "; qui sera instituée pour le contrôle global et la gestion des 49 îlots de Maurice. Un comité interministériel sera mis sur pied, sous la présidence du ministère de l'Environnement, pour préparer un Strategy Plan afin de pouvoir appliquer les recommandations de la Task Force. Cela a été approuvé, vendredi, par le Conseil des ministres. Il y a du travail : une action urgente est requise pour dix de ces îles, les plus mal loties étant le Coin de Mire, l'île au Phare, l'île de la Passe, l'île plate et Ilot Bernarche où, d'ailleurs, le ministre de l'Environnement, M. Rajesh Bhagwan, a effectué, hier matin, un état des lieux.

 

Pour activités touristiques et de loisirs
Ces îles sont déjà exploitées comme « destinations "; récréatives et un projet d'hôtel est en chantier pour l'île aux Bénitiers :
Ilot Bernaches (Nord-Est)
Ile Mangénie (Est)
Ile aux Cerfs (Est)
Ile aux Bénitiers (Sud-Ouest)
Les « Strict Nature Reserves ";
Ces îles seront consacrées à la recherche scientifique; pour la
conservation des espèces indigènes et auxquelles le public n'aura pas accès :
Ile aux Serpents (Nord)
Ile Ronde (Nord)
Ile aux Vacoas (Sud-Est)
Le Coin de Mire (Nord)
Ilot Gabriel (Nord)
Ile aux Aigrettes (Sud-Est)
Ile Marianne (Sud-Est)
Ile aux Vacoas (Sud-Est)
Ile de la Passe (Sud-Est)
Les « Open Nature Reserves "; avec accès contrôlé
Ile aux Cocos (Sud-Est)
L'île Plate (Nord)
Coin de Mire (Nord)
Ilot Aigrettes (Nord-est)
Ile aux Fouquets (Sud-Est)
Ile Marianne (Sud-Est)
Ile D'Ambre (Nord-Est)
 
Le Week End
3 juin 2001