PLAN DE GESTION DE L'ENVIRONNEMENT


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SOS nos îlots sont en danger

Accablant. C'est ce que révèle l'audit lancé début janvier par les ministères de l'Environnement et du Tourisme sur les îlots de Maurice. Vendredi dernier, le Conseil des ministres a approuvé la mise sur pied d'une "Task Force". Son rôle : soumettre dans un mois un plan de gestion des îlots. Avant qu'il ne soit trop tard.

L'île de la Passe, dans la baie de Mahébourg, menacée de devenir un dépotoir à ordures en raison de l'incivisme des visiteurs.

Belle mentalité. Nos compatriotes n'ont aucun scrupule à profiter de la beauté de nos îlots et d'y laisser, après un copieux pique-nique, toutes leurs saletés : bouteilles et sacs en plastique, où à la longue les "moutoucs" font leur nid, pots d'achard, canettes de bière ou préservatifs. D'autres vont même jusqu'à couper ou brûler les filaos pour leurs barbecues.

"Irresponsabilité criminelle qui pourrait bien avoir raison de notre faune et de notre flore endémiques si des mesures d'urgence ne sont pas appliquées", scande Rajesh Bhagwan, ministre de l'Environnement. Lors d'un point de presse conjoint hier, avec son collègue du Tourisme, Nando Bodha, il annonce la mise sur pied d'une Task Force pour résoudre ces problèmes.

Cette dernière est présidée par Tiberman Ramyead, directeur de l'Environnement, et comprend les représentants des ministères du Tourisme, de l'Agriculture, de la Pêche, du Logement, du Dépar-tement des bois et forêts, de la police et de la National Coast Guard.

Sa mission : "Evaluer les causes et l'étendue de la dégradation des îlots et proposer des mesures de redressement", explique Rajesh Bhagwan. L'équipe a un mois pour soumettre au gouvernement un plan de gestion des îlots.

Le ministre a fait ressortir que le gouvernement fournira tous les efforts nécessaires pour régler les problèmes de pollution, notamment sur l'île d'Ambre. Il annonce aussi un audit des rapports de Environment Impact Assessment des industries.

Tiberman Ramyead a déclaré à l'express-dimanche qu'une des priorités des travaux concernera la question de l'accès aux îlots. La possibilité de fermer temporairement certains sites au public pourrait être envisagée.

"Si cette mesure est appliquée, ce ne sera pas dans l'objectif de punir les membres du public, mais de permettre une régénération de la faune et de la flore pour qu'après les visiteurs puissent en profiter", précise-t-il.

En attendant, un nettoyage des îlots sera entrepris dès cette semaine. L'île-aux-Cerfs sera ainsi nettoyée demain et après-demain et donc fermée au public. Lors d'une réunion de la Task Force sur l'île-aux-Cerfs, hier au ministère de l'Environnement, les opérateurs de bateaux de plaisance se sont engagés à enlever toutes les structures illégales se trouvant sur l'île d'ici mardi.

Environnement sans étoile

Sun International, qui détient le bail de l'île aux Cerfs, s'est engagé à aménager un site précis à l'intention de ceux qui vendent des grillades. L'île sera rouverte au public le 7 février.

Propreté et préservation de l'environnement des îlots sont les priorités pour le maintien du cadre de vie des Mauriciens et pour l'image de marque du pays, déclare de son côté Nando Bodha. "Nous vendons aux touristes des hôtels cinq étoiles, mais en dehors de ces établissements, l'environnement est lui sans étoile."

Selon le ministre du Tourisme, il y a beaucoup à faire en matière de responsabilisation des Mauriciens vis-à-vis de ces problèmes d'environnement pour que les autorités n'aient plus à agir comme des pompiers.

La question de la sécurité en mer entre le territoire mauricien et les îlots devra également être revue, souligne le ministre du Tourisme. "Certains bateaux de plaisance quittent Grand-Baie pour les îles avoisinantes avec un nombre de touristes plus important qu'autorisé."

Il faudrait songer à réduire la capacité des moteurs et à demander aux bateliers de se présenter aux gardes-côtes avant de quitter Maurice et de préciser l'heure à laquelle ils comptent revenir.

Pour les plages publiques, Nando Bodha déclare que les autorités s'activent à les améliorer pour offrir aux Mauriciens des sites de qualité comme ceux créés par les hôtels haut de gamme et dont bénéficient les touristes.

Il mentionne également la création d'une Boat House à Flic-en-Flac et d'un centre de voile dans le sud à l'intention des Mauriciens. Le ministre plaide aussi pour qu'il n'y ait pas de place pour les voitures sous les filaos. Où les garer ? La solution reste à trouver.

 

46 îlots classés autour de Maurice

Huit à Rivière-du-Rempart, vingt à Flacq, douze à Grand-Port, cinq à Rivière-Noire et un à Savanne, soit un total de 46 îlots autour de Maurice. Leur superficie varie de six perches à 600 arpents. Plusieurs d'entre eux disposent d'une biodiversité unique au monde. En 1990, la "Wildlife International Limited" entreprend une étude en vue d'élaborer un plan pour la protection des îlots. La classification suivante est alors établie :
- Réserves naturelles à part entière : île-aux-Serpents, île Ronde, île-aux-Sables, île Vacoas.
- Réserves naturelles ouvertes : île Cocos, île-aux-Crabes, île Plate, îlot Gabriel, le Coin-de-Mire, île-aux-Aîgrettes, île-aux-Fouquets, îlot-Marianne, île d'Ambre.
- Iles à caractères touristique et récréatif : île Gombrani, îlot-Bernache, île-aux-Cerfs, île-aux-Bénitiers.
- Les autres ilots sont classés "réserves passives".

L'Express du 4 fevrier 2001