Menaces sur le prix garanti

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Sucre: la semaine de vérité

Les initiatives diplomatiques et politiques engagées par Maurice en vue de préserver les acquis du Protocole Sucre aborderont dans les jours à venir un véritable tournant. En effet, avant de partir en mission officielle à Addis Abeba et Londres, ce matin, le Premier ministre, Paul Bérenger, devait apposer sa signature sur deux messages personnels adressés aux présidents français et allemand, Jacques Chirac et Gerhard Schröder, dans le cadre du lobbying international mené par Maurice pour contrer la menace de réduction du prix garanti du sucre exporté vers l'Union Européenne par les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). De son côté, le ministre de l'Agriculture, Nando Bodha, a pris l'avion, hier matin, pour une semaine extrêmement chargée dans les principales capitales européennes. En compagnie du vice-Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, le principal rendez-vous demeure la séance de travail prévue jeudi matin à Vienne avec le commissaire européen, Franz Fischler.

D'aucuns affirment que c'est la semaine de vérité pour l'avenir de l'industrie sucrière mauricienne et des ACP. En effet, jeudi, la high level delegation mauricienne sera en mesure de mieux tâter le pouls du commissaire européen à l'Agriculture quant à ses propositions dans le cadre de la réforme du Régime Sucre. Cette séance de travail entre le commissaire Franz Fischler et le vice-Premier ministre et le ministre de l'Agriculture interviendra environ une semaine avant que le collège des commissaires européens ne soit mis en présence de la version finale du document intitulé "Communication from the Commission to the Council and the European Parliament - accomplishing a sustainable agricultural model for Europe through the reformed CAP (Common Agricultural Policy) - sugar sector reform".

"Fierce criticism"

La mission s'avère extrêmement délicate dans la mesure où l'Union Européenne ne se fait pas prier pour s'appesantir sur le fait que "the present sugar regime is often subject to fierce criticism for a lack of competition, distortions in the market, high prices and its effect on the world market, particularly in relation to developing countries. Yet, despite calls for reform, it has remained essentially unchanged for four decades". Néanmoins, la partie mauricienne, consciente de l'enjeu que représente le Protocole Sucre pour l'économie, n'a rien laissé au hasard dans les préparatifs de cette contre-offensive internationale sur le dossier sucre.

Dès son arrivée en Europe pendant le week-end, le ministre Bodha multipliera les contacts sur les plans politique et diplomatique. Dès demain matin, il participera à Genève à une importante réunion du G-10, animée par le président suisse. La Suisse et le Japon constituent de véritables fers de lance du G-10, qui opère au niveau de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et dont les positions adoptées en matière de réforme du secteur agricole sont considérées comme étant plus modérées et plus souples que celles de l'Union européenne et plus proches des préoccupations des économies comme Maurice.

À partir de mardi matin, le ministre de l'Agriculture sera rejoint par le gros de la high level delegation, menée par le vice-Premier ministre et ministre de l'Agriculture, Pravind Jugnauth. Cette journée sera consacrée aux derniers préparatifs et consultations auprès du secrétariat et autres instances des ACP à Bruxelles et au fine tuning de la stratégie diplomatique. Une séance de travail est également prévue avec le ministre de l'Agriculture de la Belgique.

Le programme de travail établi à l'intention des membres de la délégation mauricienne comprend également des discussions avec le ministre français de l'Agriculture, Hervé Guémard. Cette réunion se déroulera en principe dans la journée de mercredi. Dans l'après-midi, Pravind Jugnauth et Nando Bodha, qui seront déjà à Vienne, rencontreront le ministre autrichien de l'Agriculture.

Principale contrainte

La matinée de jeudi s'annoncera des plus cruciales. Car Maurice jouera son va-tout politique et diplomatique pour préserver un important pan du système des préférences communautaires, soit le Protocole Sucre. Le commissaire Franz Fischler se mettra à l'écoute de l'argumentation mauricienne au nom des ACP. La position, qui sera défendue par Maurice, n'est pas un secret. "The state of play is such that it is a question of survival, as any price reduction will adversely affect the industry and undermine our socio-economic fabric… This measure only, if applied, would crowd out several ACP producers from production and export and could give a fatal blow to the Mauritian sugar industry", avait soutenu le ministre de l'Agriculture, lors de l'assemblée générale annuelle de la Chambre d'Agriculture, mercredi dernier.

Face aux attaques biaisées contre les filets de protection que représente le Protocole Sucre, Maurice rappelle avec force que "we did not wait for the dangers to come before us to plan reforms. We boldly embarked into reforms whose key elements are geared towards reduction of the cost of production and the improvement of competitiveness". La principale contrainte reste la décision abrupte de procéder à la réduction du prix garanti, alors que les ACP misaient sur une période de transition plus prolongée et un environnement plus flexible.

Au cas où la composante de réduction du prix garanti dans la réforme du Régime Sucre demeure incontournable, la fall back position de Maurice et des ACP est connue. Les pays producteurs de sucre du groupe ACP réclament une compensation sur la base de celle prévue pour les producteurs de sucre des régions ultra-périphériques (Réunion, Martinique, etc.) "Vous avez raison, Monsieur le ministre, de clamer haut et fort une compensation totale pour toute baisse de nos revenus qui résulterait d'une réduction du prix communautaire. Toutefois, il nous faudrait nous assurer que, le cas échéant, une telle compensation soit capable de nous offrir, de manière durable, des revenus comparables à ceux qui nous sont transmis par les niveaux de prix obtenus aujourd'hui. Dans ce contexte, le modèle proposé pour les régions ultra-périphériques mérite d'être examiné", avait estimé Cyril Mayer, le président sortant de la Chambre d'Agriculture.

Incertitude pour Londres

La seule certitude de la semaine demeure qu'à la mi-journée (heure d'Autriche), le vice-Premier ministre et le ministre de l'Agriculture auront une meilleure appréciation des dispositions du commissaire Franz Fischler au sujet de la réforme du Régime Sucre en Europe et par rapport aux demandes des ACP. La mission de lobbying se poursuivra, jeudi après-midi, avec des consultations avec le ministre allemand de l'Agriculture.

La journée de vendredi sera consacrée à une debriefing session à Bruxelles avec les pays producteurs de sucre du groupe ACP sur la séance de travail de la veille avec le commissaire Franz Fischler. Dans l'après-midi, la délégation mauricienne prévoit de faire un tour d'horizon avec les responsables de Tate & Lyle de Londres, principal acheteur du sucre roux mauricien. Un rendez-vous a été également sollicité avec le ministre britannique de l'Agriculture pour vendredi. À la fin de la semaine dernière, très peu d'indications étaient disponibles quant aux chances de réussite de ce contact au plus haut niveau à Londres.

Cette semaine diplomatique chargée et déterminante sera complétée par des démarches politiques au plus haut niveau. Ainsi, ce week-end, le Premier ministre adressera des messages personnels sollicitant le soutien de la France et de l'Allemagne à la cause de Maurice et d'autres producteurs de sucre des ACP. Les lettres devraient être transmises par le canal diplomatique en début de semaine aux présidents Jacques Chirac et Gerhard Schröder.

De son côté, le président en exercice du groupe ACP, Joaquim Chissano, a déjà adressé des lettres personnelles aux chefs d'État et de gouvernement des 25 membres de l'Union Européenne, suite à une résolution en faveur du sucre, adoptée lors du sommet de Maputo.

Le lobbying diplomatique et politique sera appelé à reprendre de plus belle après le 14 juillet, jour de la présentation de la réforme du Régime Sucre au collège des commissaires européens. "Thereafter, ACP ministers would meet each and every of the 25 members of the European union, the key stakeholders regarding the EU sugar industry both in Europe and in the DOM's and key members of the European Parliament", a déclaré le ministre Bodha.


"The fatal blow"
Le leaked document de la Commission Européenne sur les propositions de réforme du Régime Sucre tient en 11 pages. Le ministre de l'Agriculture, Nando Bodha, n'a pas hésité à soutenir que "although the draft has not been released officially, it reflects the line of thinking of the European Commission whereby the future reformed sugar regime has to be subject to the same reform requirements of the Common Agricultural Policy (CAP)". Il n'a cessé de souligner, au cours de la semaine écoulée, que "the reduction in the price of sugar could give a fatal blow to the Mauritian sugar industry".
La réduction du prix garanti du sucre se fera en deux étapes - une réduction de 20% à partir de l'année prochaine et une cumulative reduction de 33% en 2007. En clair, le prix offert pour la tonne de sucre blanc passera de 637 euros à 421 euros, alors que le prix du sucre roux fourni par les ACP baissera de 524 euros la tonne à 329 euros. Les cyniques avancent que ce dernier prix est encore plus rémunérateur que celui obtenu sur le marché mondial. "The implied raw sugar price will be 329 EUT/t, a level indicating that the refining aid will no longer be needed for refiners and will thus be repealed", note le leaked document de la Commission Européenne.
De son côté, la Chambre d'Agriculture souligne que "basées sur un prix de sucre moyen de Rs 15 200 la tonne, obtenu par les producteurs de Maurice pour l'année écoulée, les baisses envisagées feraient que, toutes choses demeurant égales par ailleurs, le prix tomberait à moins de Rs 12 000 la tonne dès l'an prochain, pour finalement descendre en dessous de Rs 10 000 en 2007".
Par ailleurs, sans adopter un ton des plus alarmistes, le président sortant de la Chambre d'Agriculture, Cyril Mayer, attire l'attention sur le fait que sur le plan macro-économique, cette réduction du prix garanti se traduira par une "baisse de plus de Rs 3 milliards de revenus d'ici trois ans. C'est à peu près le quantum de la baisse des revenus enregistré lors de la grande sécheresse de 1999, sans la compensation payée du fonds d'assurance".


Rencontre avec planteurs et travailleurs le 13 juillet
Dans le cadre de la campagne de sensibilisation après la menace sur le prix garanti du sucre, le Premier ministre, Paul Bérenger, le vice-Premier ministre, Pravind Jugnauth, et le ministre de l'Agriculture, Nando Bodha, rencontreront les représentants des associations des planteurs et des syndicats, le mercredi 13 juillet à 17 h. Cette réunion se déroulera la veille de la présentation officielle du plan de réforme par le commissaire Fischler. C'est ce qu'a décidé le conseil des ministres, vendredi, sur la base du programme de travail des principaux concernés.
Le message principal du gouvernement, à travers le ministre de l'Agriculture, est que "we will stand as one united front lobby with sharp focus and utmost efficacy. All of us together as one voice. At all stages. At all levels. We will involve all stakeholders. The opposition has adopted a very constructive attitude. The unions also will have their contribution. Everything should be done to shield the most vulnerable stakeholders/small planters and all who are going to bear the brunt of the shock".


Un plan de sauvetage d'urgence s'impose
Les consultations avec les représentants de la Chambre d'Agriculture et de la Mauritius Sugar Producers Association, présidées par le Premier ministre, jeudi, ont débouché sur la nécessité d'élaborer un plan de sauvetage d'urgence pour l'industrie sucrière. Les représentants de l'industrie devront approfondir leurs réflexions sur les principales composantes de ce Contingency Plan, qui devrait faire l'objet d'échanges lors de la prochaine réunion avec le gouvernement, probablement après le 14 juillet.
Dans l'immédiat, le mot d'ordre demeure une accélération du plan de réforme de l'industrie sucrière actuellement en cours. D'autre part, la proposition de la Chambre d'Agriculture au sujet d'une éventuelle révision de l'objectif de production sucrière pourrait être précisée. La Chambre soutient que "les récoltes sucrières des dix dernières années ont été moyennes, ne dépassant les 600 000 tonnes qu'en trois occasions. L'objectif de 620 000 tonnes établi dans le Plan Stratégique mériterait d'être revu à la baisse".


Le Global Cess, cible privilégiée de la Chambre
Le Global Cess, qui sert à financer les budgets du Bulk Sugar Terminal, du MSIRI, de la Sugar Planters Mechanical Pool Corporation, de la Farmers Service Corporation, de la Mauritius Sugar Authority, du Control Board, et du SILWF, a été la cible privilégiée de la Chambre d'Agriculture. Cyril Mayer a fait état de l'augmentation du Global Cess de Rs 482 millions en 1998 à Rs 622 millions en 2003, "une augmentation de 29%, alors que la production sucrière a généralement décliné sur cette même période".
La Plantation House trouve que la réforme des institutions offrant des services à l'industrie sucrière et la nécessité de réduire le Global Cess devraient être des dossiers prioritaires dans le cadre de la mid-term review du Sugar Sector Strategic Plan. D'ailleurs, l'une des propositions de la task force, instituée l'année dernière, porte sur "des orientations stratégiques qui devraient permettre une réduction substantielle du Global Cess, proportionnelle à l'objectif de réduction du coût de production dans le Plan Stratégique, tout en assurant une plus grande efficacité au niveau des services considérés comme étant réellement essentiels par les producteurs eux-mêmes".


Ils ont dit:
"We are pressed with time. Irrespective of what happens on the international front, we should be ready. We cannot remain complacent and we have to accelerate the reform process of our sugar industry. It is a question of life and death. Our sugar industry needs a new thinking for its survival"
Le ministre de l'Agriculture, Nando Bodha
"La proposition de la Commission (Européenne) est, pour dire le moins, surprenante car ne reflétant ni l'esprit ni le résultat attendu d'un dialogue qui a pourtant permis d'évoluer au fil des années vers une meilleure compréhension des difficultés et des considérations propres à la situation des ACP. Si elle était adoptée dans sa forme actuelle, les ACP auraient le sentiment d'avoir été abandonnés par leurs partenaires européens"
Cyril Mayer, président sortant de la Chambre d'Agriculture


Sucre

Bataille sur les fronts local et international

La bataille pour préserver les acquis sucriers de l'île Maurice se fera sur les fronts tant international que local. Sur le front international, il y a le déplacement des ministres Pravind Jugnauth et Nando Bodha pour Bruxelles, entre autres ainsi que les correspondances qu'adressera le Premier ministre à Jacques Chirac et à Gerhard Schroeder. Localement, diverses possibilités ont été explorées, le raffinement de notre sucre et la production de plus de sucres spéciaux dans le cadre d'une stratégie visant à réduire les coûts de production de l'industrie sucrière.

Sucre : Consensus trouvé entre le gouvernement et les autres partenaires de l'industrie à la réunion présidée par le premier ministre jeudi dernier, tant sur la gravité de la situation que sur la stratégie à adopter, laquelle consistera à faire du lobbying et une campagne diplomatique et politique auprès de la commission européenne, des pays de l'union et de leurs dirigeants et de son parlement. La priorité des priorités, a dit Paul Bérenger, c'est que la baisse soit la plus minime possible, le délai de son application le plus repoussé possible et la compensation calquée sur ce qui est prévu pour les DOM, la Réunion, la Guadeloupe et la Martinique.

Le Premier ministre a, par ailleurs, annoncé qu'il écrivait au président Jacques Chirac, Gerhard Schroeder et à d'autres chefs d'état européen avec qui Maurice entretient des relations particulières, que le président en exercice des ACP Joaquim Chissano avait, lui aussi, écrit à tous les chefs d'état et de gouvernement de l'Union Européenne et que le vice Premier ministre et ministre des Finances Pravind Jugnauth et le ministre de l'Agriculture, Nando Bodha seront à Bruxelles pour défendre les intérêts de Maurice et de l'ensemble des ACP.

Consensus aussi entre le gouvernement et les autres partenaires pour conclure les "unfinished businesses" contenus dans le plan stratégique pour l'industrie sucrière. Des mesures urgentes seront prises et appliquées, a indiqué Paul Bérenger qui a annoncé une rencontre avec les planteurs, laboureurs et artisans le mardi 13 juillet.

Interrogé sur ces mesures urgentes, Paul Bérenger a dit que plusieurs possibilités ont été explorées dont celle de raffiner notre sucre roux en sucre blanc et de produire plus de sucres spéciaux. Le tout visant une réduction des coûts de production.

Le Premier ministre a aussi dit qu'il allait téléphoner à Navin Ramgoolam, vendredi même, pour le tenir informé de ce qui se passe tant sur le front sucrier que sur celui des Chagos et que lui même et Pravind Jugnauth allaient le rencontrer à leur retour au pays la semaine prochaine. Paul Bérenger a expliqué que le sucre et les Chagos ne sont pas des questions partisanes mais d'intérêt suprême et fondamental pour le pays et qu'il réagissait à une demande du leader de l'opposition, faite au Parlement, mardi dernier, pour l'associer aux démarches d'intérêt national. "Partou kot nou bizin fer front, nou pou fer li" a également précisé le chef du gouvernement.

Commonwealth et Chagos : De Addis Abeba où il se rend aujourd'hui, Paul Bérenger mettra le cap pour Londres où il a rendez-vous avec le secrétaire général Don Mc Kinnon le vendredi 9 juillet. Il sera surtout question de l'archipel des Chagos et des chagossiens, a indiqué le PM qui a réaffirmé la décision de principe du gouvernement d'aller devant la Cour Internationale de Justice et qu'une option mise en avant par les conseillers légaux est de quitter le Commonwealth. Il a toutefois dit qu'il parait que c'est possible d'aller devant la CIJ sans quitter le Commonwealth et que cet aspect sera approfondi avec les conseillers légaux.

"C'est bien évidemment pas de gaieté de coeur que nous envisageons de quitter le Commonwealth mais comme je l'ai déjà dit, la souveraineté n'a pas de prix. Si l'avis légal que nous recevons est, que pour mettre toutes les chances de notre côté, nous devons quitter le Commonwealth, nous le ferons. Mais nous n'allons pas nous presser" a déclaré le Premier ministre.

S'agissant de la réunion de mercredi avec ses collègues, Pravind Jugnauth, Jayen Cuttaree, Anil Gayan et Emmanuel Leung Shing et des techniciens, le Premier ministre a dit qu'il a été décidé de rechercher un avis légal supplémentaire avant de trancher. Paul Bérenger a, par ailleurs, annoncé que les préparatifs en vue de porter la question des Chagos à l'assemblée générale des Nations Unies.

Répondant à des questions de la presse, le Premier ministre a dit garder espoir qu'il y aurait des développements positifs et que Maurice n'aura pas besoin d'aller à la CIJ et se retirer du Commonwealth même s'il est vrai, qu'avec le temps, l'espoir s'amenuise.

S'agissant des implications d'un retrait du Commonwealth, le Premier ministre a dit que "li pou casse nou léker", que cette organisation n'est pas la propriété de Londres, que c'est un club démocratique qui fonctionne bien en tant que tel mais que si Maurice doit se retirer, il le fera, la souveraineté, a-t-il répété, n'ayant pas de prix.

AGOA III : Lettre à George W. Bush

AGOA III : Paul Bérenger a dit avoir écrit au président américain George W. Bush après le passage de AGOA III. Il a ajouté être "heureux et fier en tant que Premier ministre de la petite île Maurice d'avoir joué un rôle clé dans l'adoption de l'AGOA III par la Chambre des Représentants, d'abord, et le Sénat après" suite à sa rencontre avec le président américain qui a bougé vite pour remettre l'AGOA III sur le tapis. Le Premier ministre a dit que Maurice poursuivait sa campagne en vue d'obtenir la dérogation du "third country fabrics".

Union Africaine : Le Premier ministre a annoncé qu'il quitte le pays ce soir pour le sommet ordinaire de l'organisation panafricaine à Addis Abeba où il doit rencontrer, en parallèle, les présidents malgache et comoriens, Marc Ravalomanana et Azali Assoumani ainsi que le ministre des Affaires Étrangères seychellois.

Réunion des ministres du Commerce de ACP, G 90, SADC et SIDS : Quatre conférences importantes, a observé le chef du gouvernement. Au sujet du G 90, Paul Bérenger a rappelé qu'il y a d'une part les États Unis, l'Union Européenne, le G 20 qui regroupe des pays en développement comme l'Inde et le Brésil et que le groupe des 90 pays, mis sur pied suite à une initiative de Maurice à Cancun, est composé des pays ACP, de l'Union Africaine et des pays les moins développés. Confirmation, a-t-il aussi précisé de la participation du directeur de l'OMC, Supachai Panitchpakdi, du Commissaire Européen, Pascal Lamy, du Trade Secretary américain, Robert Zoellick et des ministres indien et brésilien du Commerce International aux réunions des ministres ACP et G 90, qui se tiennent du 10 au 13 juillet.

Le Premier ministre a dit que ce serait formidable si la réunion de Maurice permettait de débloquer le round de négociations de Doha et de faire bouger les choses même si certains progrès ont été réalisés. Il a également tenu à préciser que le G 90 n'est pas dirigé contre le G 20 et que Maurice l'a bien fait comprendre à l'Inde avec qui il entretient des relations plus que privilégiées mais que le pays est déterminé à défendre ses intérêts.

C'est Maurice qui sera appelée à occuper la présidence de la SADC après le sommet d'août prochain sur notre sol. Le gros morceau auquel travaillera la présidence mauricienne sera la signature d'un Memorandum of Understanding entre l'organisation et l'Inde pour un partenariat, a déclaré le Premier ministre.

Sur le Zimbabwe, Paul Bérenger a dit que Maurice- qui fait partie de la Troika-composée de la présidence passée, actuelle et à venir de la SADC-avait pensé prendre une initiative mais qu'il avait décidé d'attendre le sommet. À l'heure des questions, le chef du gouvernement a dit qu'il souhaitait que le président Ravalomanana puisse venir au sommet de Maurice aussitôt que l'admission de Madagascar aura été acquise.

Pour la conférence des Nations Unies sur les Small Island Developing States de janvier prochain, tout est en bonne voie, a dit le Premier ministre.

Le week end 4 juillet 2004