Autoroute du sud-est: La Vallée de Ferney sera-t-elle sauvée ?


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La forêt endémique de la Vallée de Ferney sera-t-elle sauvée de la destruction qui l'attend avec l'aménagement de l'autoroute du sud-est ? Une décision à ce sujet est attendue à la fin de la semaine, avec la soumission du rapport du monitoring committee mis sur pied après que des écologistes aient fait ressortir que le tracé de cette autoroute devant relier Plaine Magnien à Bel Air implique la destruction de cette forêt contenant des spécimens uniques ou que l'on croyait disparus. La possibilité de revoir le tracé ne serait pas écartée, mais d'autres impératifs sont aussi mis en avant. Concernant notamment le contracteur chinois qui s'impatiente, alors qu'est passée la date butoir du 1er décembre.

Le projet d'autoroute devant relier Plaine Magnien et Bel Air, a été présenté comme une avancée importante devant permettre le développement économique de la région sud-est, notamment en permettant un trajet facilité des touristes de l'aéroport vers les grands hôtels de la côte est. Toutefois, lorsque le tracé de cette autoroute est rendu public il y a quelques mois, certains écologistes montent au créneau pour faire valoir leur stupéfaction: cette route de 25 kms passe, sur 7.5 kms, sur le pourtour de la vallée de Ferney afin, apparemment, de gagner de l'altitude pour arriver à l'entrée d'un tunnel qui sera percé à travers la montagne. Or, cela implique la destruction de 76 000 m2 de la forêt qu'abrite cette Vallée, une forêt qui a la particularité d'être une des dernières à contenir encore la diversité biologique de Maurice telle qu'elle était à ses origines. On y trouve en effet des arbres qui seraient vieux de 300 à 500 ans, soit datant d'avant l'implantation de l'homme à Maurice. L'aménagement de l'autoroute impliquerait la disparition de100 000 plantes de plus de 1.3 mètre de haut, et l'abattage de 18 000 gros arbres de plus de 30 centimètres de diamètre. Parmi ces arbres figurent onze espèces menacées qui figurent sur la liste rouge mondiale des espèces à protéger à tout prix dressée par la World Conservation Union. Qui plus est, une étude détaillée entreprise au cours de ces dernières semaines a permis d'y découvrir trois espèces qu'on croyait disparues depuis plus d'un siècle: le fameux Bois Clou et deux espèces de vacoas, à savoir le Pandanus Iceryi et le Pandanus Macrostigma. Cette forêt abrite également une bonne moitié de la petite population d'une espèce animale protégée, les crécerelles. Qui sont, entre septembre et décembre, en pleine période de reproduction. Alerté à ce sujet, le Premier ministre annonce, en août dernier, la mise sur pied d'un monitoring committee, placé sous la présidence du PS du ministère de l'Environnement, M. Seebaluck, chargé d'effectuer une étude afin de répertorier les arbres et nids qui sont menacés par les bulldozers. Tracé dangereux pour la flore et pour les automobilistes ? C'est cette semaine qu'est en principe attendu le rapport de ce comté, qui regroupe des représentants des ministères des Infrastructures Publiques et de l'Agriculture, du Mauritian Wildlife Fund, de l'Université de Maurice et du MSIRI. Certains membres s'interrogent toutefois sur le fait qu'il n'y ait plus eu de réunion du comité au cours de ces deux dernières semaines. Quoi qu'il en soit, certains renseignements indiquent que la présence d'espèces très rares ou que l'on croyait disparues a été amplement confirmée par cette étude. Ce qui n'est pas sans susciter un certain embarras dans les milieux officiels. Si, dans un premier temps, il a été question de transplanter les arbres concernés et de reloger les nids ailleurs, ces options semblent avoir été jugées irréalisables par les milieux écologistes. A ce jour, l'option d'un changement de tracé semble privilégiée. Un changement qui serait lié non seulement à l'aspect écologique de la question, mais aussi à des aspects jugés très discutables en matière de sécurité routière. Selon certains avis, cette route, telle que prévue actuellement, implique des virages et des arêtes qui sont jugés difficiles à négocier, voire très dangereux pour ses usagers. Certaines voix se sont donc élevées en faveur d'une reconsidération du tracé de cette autoroute. Mais cette option n'est pas sans écueils. Cela implique en effet de faire appel au consultant indien qui avait dessiné le tracé actuel, pour qu'il revoie ses plans. Ce qui demandera un certain temps. Or, la Road Development Authority a, avec le contracteur chinois qui a obtenu le contrat de construction, un deadline qui était fixé au… 1er décembre. Une date butoir qui a donc déjà expiré, ce qui provoque une certaine impatience chez le contracteur qui a déjà mobilisé depuis plusieurs semaines, sur le site, employés et machines. Pour rappel, l'autoroute du sud-est est, à l'origine, un projet initié en juin 2000. En janvier 2001, le projet obtient son permis EIA. Toutefois, suite à une série de péripéties administratives et juridiques, le contrat ne sera alloué qu'en mai 2004 à la Beijing Chang Cheng Construction Corporation. La fin de cette semaine nous dira si un nouveau report sera d'actualité… Le Week End 5 decembre 2004

 

  Désodorisants d'intérieur   Des échantillons locaux seront testés, confirme l'Environnement Après la publication de l'enquête de l'Union Fédérale des Consommateurs- Que Choisir sur les désodorisants la semaine dernière, l'un des fabricants des produits incriminés, TF1 entreprises, a pris la décision de retirer immédiatement de la vente les bâtons d'encens de la marque Ushuaïa. Sur le plan local, le ministère de l'Environnement confirme son intention d'effectuer des tests sur des échantillons de désodorisants. Interrogé cette semaine, un haut cadre de ce ministère nous a indiqué que le National Environment Laboratory procédait en ce moment à la compilation des données sur les analyses de l'UFC- Que Choisir avant de déterminer un "testing method" approprié pour les produits disponibles sur le marché local. De son côté, l'association française a salué cette semaine, l'initiative du fabricant sus-mentionné et de Monoprix d'enlever les bâtons d'encens du marché. Elle déplore en revanche, que "tous les professionnels concernés (…) n'aient pas eu le même sens de responsabilité". L'UFC- Que Choisir qui a obtenu, entre-temps, une entrevue avec le ministère français de la Santé, a décidé d'interpeller par courrier, tous les professionnels de ce secteur en espérant "que des décisions à la hauteur des enjeux seront prises spontanément". Rappelons que 35 désodorisants - gels, aérosols, vaporisateurs concentrés, diffuseurs, bougies parfumées, encens et huiles essentielles - ont été analysés par la fédération française des associations de consommateurs. Les tests ont révélé que cinq d'entre eux relâchaient des niveaux très élevés de benzène et de formaldéhyde qui sont deux substances classées "cancérogène certain". Mais tous les produits émettaient, à des degrés divers, des molécules allergisantes ou dangereuses - comme le toluène ou le naphtalène qui sont eux, considérés comme "cancérogènes possibles", avait indiqué l'UFC- Que Choisir. Celle-ci avait alors interpellé le ministère français de la Santé et réclamé l'interdiction de ces produits dans tous les lieux publics. Mais que sont ces fameux gaz ? Omniprésent dans l'air des logements, le formaldéhyde est un gaz redoutable pour son pouvoir irritant et allergisant, explique l'association. "Sur les 800 analyses d'air intérieur effectuées par les lecteurs de Que Choisir en 2001, 90% mettaient en évidence des teneurs inquiétantes susceptibles de provoquer irritation des yeux, de la peau, des voies respiratoires et crises d'asthme chez les personnes sensibles", cite-t-elle. Classé jusqu'à présent comme cancérogène probable, le formaldéhyde - présent, par ailleurs, dans les cosmétiques, les panneaux de bois aggloméré, les vitrificateurs de parquet ou les revêtements stratifiés - a été réévalué, depuis, comme cancérogène certain par le Centre international de recherche sur le cancer. "Preuve est faite qu'il provoque des cancers du rhino-pharynx, des fosses nasales et du sinus. De forts soupçons pèsent aussi sur son implication dans les leucémies", souligne l'UFC-Que Choisir. Quant au benzène - présent, notamment dans les carburants sans plomb, pour améliorer leur indice d'octane - il serait, selon l'Organisation mondiale de la santé, "un cancérogène certain pour l'homme pour lequel il n'existe aucun seuil de sécurité connu". Bref, un composé aromatique très toxique susceptible d'affecter notre système de défense immunitaire et de provoquer à terme de redoutables leucémies.

Le Week End 5 decembre 2004