DÉBATS PARLEMENTAIRES: "La Beach Authority viendra valoriser les plaisirs de la mer"


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La gestion et la protection des plages avec le projet de création d'une Beach Authority ont été au centre des débats, mardi dernier. La plage de La Cuvette a été réaménagée pour satisfaire les besoins croissants d'une population en manque de loisirs.

Mieux gérer les plages publiques pour en faire un lieu privilégié de loisirs à l'intention du grand public. Telle est la mission que la législature a confiée mardi à l'éventuelle Beach Authority à la requête du ministre de l'Administration locale et de Rodrigues. Le ministère du Tourisme et des loisirs concocte déjà plusieurs projets à l'intention des amoureux des sports nautiques. Il lance ces jours-ci des appels d'offres à l'intention de ceux qui souhaitent construire et gérer cinq centres nautiques.

Les documents sont disponibles au ministère du Tourisme et les offres doivent être déposées au plus tard le 31 mai. Ces centres récréatifs seront construits à Palmar, Belle-Mare, Le Morne, Flic-en-Flac, Mon-Choisy et pointe Jérôme. Les promoteurs éventuels peuvent soumissionner pour plus d'un site.

Un droit d'accès sacré

Le ministère du Tourisme songe aussi à installer deux écoles de voile et à accélérer son programme de formation à l'intention des skippers pour améliorer la sécurité à l'intérieur du lagon.

Ces divers projets ont été annoncés mardi par le ministre Nando Bodha lors de son intervention sur le Beach Authority Bill. Il a également indiqué qu'il ne reste, à ce jour, que dix sites le long du littoral susceptibles d'être mis à la disposition des promoteurs hôteliers. A l'avenir, dit-il, chaque projet hôtelier devra comprendre la création d'un espace accessible au grand public afin de réduire les risques de frustration chez ceux qui pensent que le tourisme les privent de l'accès à la plage. Nando Bodha a cité en exemple le projet réalisé à la Cuvette avec l'aide du secteur privé.

Les promoteurs hôteliers seront aussi appelés à accorder une attention particulière aux villages dans lesquels ils s'implantent. Des schémas directeurs sont envisagés pour la région de Bel-Ombre - St.-Félix et celle des Salines de Rivière-Noire. "Le droit des Mauriciens d'avoir accès à la plage et aux pas géométriques est sacré", a soutenu le ministre Bodha.
"Les plages sont un atout précieux pour le secteur touristique et pour l'économie mauricienne, il importe de les préserver, de les protéger et de les restaurer quand le besoin se fait sentir", a dit, pour sa part, le ministre Joe Lesjongard, qui pilotait le texte de loi. Il a souligné qu'il n'est pas question de privatiser les plages et de réclamer un quelconque droit d'accès au public.

Le contrôle et la gestion des plages sont sous la responsabilité du ministère de l'Administration locale. Le pays a 88 plages publiques couvrant au total 295 hectares. Le ministère dépense en moyenne Rs 75 millions par an pour leur nettoyage et leur embellissement. A Rodrigues, 12 lieux ont été proclamés plages publiques.

A ce jour, divers départements et institutions - ministères du Tourisme, de la Pêche, de l'Environnement, la police - sont directement ou indirectement responsables du développement des plages publiques, dans la surveillance et le maintien de la discipline le long des côtes et dans le lagon. La Beach Authority agira comme facilitateur et aidera à éliminer tout conflit entre les divers organismes. La principale responsabilité de cette nouvelle institution sera de procurer des aménités récréatives aux Mauriciens et de démocratiser l'accès aux plages. "Pendant trop longtemps nous avons axé le développement de la zone côtière pour le plaisir des touristes. Tout en concédant que le tourisme est l'un des principaux générateurs de devises, je pense qu'il est temps de partager notre attention entre le touriste et le Mauricien qui se tourne de plus en plus vers les plages. La Beach Authority devra aussi veiller à ce que les normes soient acceptables."

A la longue, la Beach Authority devra pourvoir les plages de jardins d'enfants, de sites de camping avec toute les infrastructures nécessaires et d'un service de premiers secours. Elle devra aussi offrir des toilettes et des douches supplémentaires.

Le député Burty David, premier membre de l'opposition à intervenir dans ce débat, craint pour sa part que la création de cette Authority ne soit qu'un prétexte "pour caser des petits copains, pour faciliter le transfert du patrimoine que constituent nos plages à des proches du régime et l'accaparement des richesses nationales par le secteur privé."

Rajesh Bhagwan a, quant à lui, énuméré ce qui se fait pour la protection et l'aménagement des îlots éparpillés autour du pays. Dans le passé, dit-il, des actions ont été prises au coup par coup sans de véritable plan d'ensemble. "Le Beach Authority Act et le prochain Environment Protection Act viendront combler une grave lacune dans la gestion d'une de nos ressources clés et poseront les jalons pour la mise en œuvre d'actions concrètes afin d'atteindre les objectifs d'une gestion cohérente et durable de la zone côtière."

L'Express 7 Avril 2002