POLLUTION A BALACLAVA: Mer rouge à l'hôtel Maritim


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Depuis peu, une substance rougeâtre, provenant de la rivière Citron, se déverse dans la baie devant l'hôtel Maritim. Résultat : plus de poisson ni de natation.

La plage est rouge. Le sable regorge de poissons morts. Et l'eau du lagon pique. La substance rougeâtre, provenant de Rivière Citron, se déverse dans la baie de l'hôtel Maritim.

Les clients de l'hôtel sont déçus. Pour les joies de la nage, il faudra repasser... de l'autre côté de la plage. Car une partie de la baie polluée a été fermée. Si cette situation s'éternise, cette substance rouge qui se propage dans la baie pourrait affecter le milieu marin.

"J'ai nagé dans le lagon et j'ai commencé à avoir des démangeaisons", affirme Yannick Eugène, 18 ans, un employé de l'hôtel. "Nous ramassons souvent des poissons morts", ajoute José Giquel affecté au boathouse.

Pour l'instant, rien n'indique que c'est le résultat direct de la substance rouge qui pollue le lagon. Mais si aucune mesure n'est prise, il n'est pas à écarter que c'est notre faune et notre flore qui en pâtiront.

Aucune doléance n'est jusqu'ici parvenue à la direction de l'hôtel, mais Ahvan Sin, l'Executive Manager de Maritim, est inquiet. "J'ai alerté la police de l'environnement qui a prélevé des échantillons pour être examinés afin de s'assurer que cette substance n'est pas toxique. Actuellement, cette pollution ne se limite qu'à l'embouchure de la rivière."

Substance non toxique

Les membres de la police ont remonté la rivière jusqu'à Consolidated Fabrics Limited (CFL), une usine de textile toute proche. Selon Ahvan Sin, les policiers ont parlé au directeur qui aurait assuré que cette substance n'est pas toxique. Mais selon les résultats des analyses, l'heure est à la vigilance. Le personnel de l'hôtel inspecte régulièrement les alentours de l'embouchure afin de s'assurer que le milieu marin ne se dégrade pas.

Du côté de CFL, l'on affirme qu'il y a effectivement un problème de pollution. Le 12 février dernier, le gouvernement a servi un Programme Notice à l'usine tout en lui demandant des détails concernant la coloration de l'eau. "Nous avons immédiatement soumis un dossier, dit Rajen Kaupaymuthoo, conseiller auprès de la CFL, et nous avons aussi énuméré les mesures qui seront prises pour éliminer la coloration d'eau."

La rivière Citron, ajoute-t-il, est régulièrement contrôlée par la Waste Water Authority (WWA) qui vérifie la qualité de l'eau. "Le rapport de la WWA a démontré que toutes les normes étaient respectées sauf pour la coloration." Selon lui, il n'existe aucun risque sanitaire majeur, mais il comprend "que les gens s'inquiètent".

La CFL a demandé 12 mois au gouvernement pour éliminer la coloration présente dans l'eau. En effet, l'élimination complète de la coloration est un processus complexe qui requiert un investissement conséquent. Mais c'est le prix à payer pour un environnement sain.

Guillaume GOUGES

4 mai 2002

L'Express