Sur la plage de Grand-Baie Le GM vote Rs 2,5 millions pour embellir le site autour du Ananta Mandir


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Le gouvernement consacrera Rs 2,5 millions à l'embellissement du site qui entoure l'Ananta Maa Mandir, temple construit illégalement sur la plage à Grand-Baie. Il ressort ainsi que ce temple de la controverse ne sera pas, comme annoncé à un moment, déplacé vers Choisy mais qu'il demeurera bel et bien là où il a été aménagé en septembre dernier. Cela même s'il ressort qu'une partie de son groupe dirigeant demeure en faveur de son déplacement.

La saga de l'Ananta Maa Mandir n'aura en tout cas pas été avare de rebondissements, voire de retournements de la part des autorités. Tout commence en juin 2002, lorsque des statues de divinités hindoues sont installées sur une plate-forme en béton aménagée sur une portion de Pas géométriques, entre plage et rochers, à Grand Baie. On apprend alors que le ministre Pradeep Jeeha, également député de la localité, a fait obstruction à une décision prise par son collègue des Terres et du Logement, Mukeshwar Choonee, qui avait fait servir un ordre de démolition à l'encontre de l'Ananta Maa Mandir.

La polémique devient alors nationale, des voix s'élèvent contre ce qui est qualifié de "squatting religieux". L'association Voice of Hindu monte au créneau, menace de représailles tous ceux qui toucheraient à l'Ananta Maa Mandir. Certains parlent d'acharnement contre la communauté hindoue, vu que des grottes "catholiques" sont aussi érigées sur certaines plages sans être inquiétées. Pour gagner du temps, le ministre Choonee évoque le lancement d'un audit complet des structures illégales sur les plages. Plus de 130 seront officiellement relevées. Des notices seront servies à La Tour Koenig où les responsables du Ganga Mata Satsang Group de la Tour Koenig procèdent d'eux-mêmes, au début de septembre, au déplacement de leur temple illégal, alors que la guerre est déclarée à Palmar où le gouvernement procède, fin septembre, à la démolition du Shri Krishna Ashram érigé sur la plage.

Dans le cas de l'Ananta Maa Mandir, on évoque alors des discussions avec le gouvernement qui iraient dans le sens d'un déplacement de ce temple vers un autre terrain à l'intérieur des terres à Choisy. Toutefois, une visite effectuée en fin d'année sur les lieux par le vice-Premier ministre Paul Bérenger, le ministre de l'Environnement Rajesh Bhagwan et le ministre de la Technologie informatique Pradeep Jeeha, laisse entendre d'autres échos, allant dans le sens d'un "embellissement" du site.

C'est bien ce qui se confirme aujourd'hui, avec la nouvelle à l'effet que le gouvernement vient de voter une somme de Rs 2,5 millions, qui servira, selon les explications officielles, à embellir le site se trouvant autour de l'Ananta Maa Mandir, pour y faciliter, dit-on, l'accès et l'accueil tant des pèlerins qui viendraient prier dans ce temple que des membres du public qui viendraient profiter de la plage. Au niveau du gouvernement, on se montre très avare de commentaires au sujet de cette décision prise il y a deux semaines et ratifiée lors du dernier conseil des ministres. Sollicité, le ministre de l'Environnement, Rajesh Bhagwan, s'est ainsi contenté de nous déclarer hier que "le gouvernement a décidé d'embellir ce site, ce dans le cadre du grand projet d'embellissement de Grand-Baie en général", ajoutant que le vice-Premier ministre viendra prochainement de l'avant pour donner le détail de ce projet.

Il ressort donc, à ce stade, que l'Ananta Maa Mandir non seulement ne bougera pas, mais verra son environnement direct embelli. Il nous revient toutefois qu'une partie de l'équipe dirigeante de l'Ananta Maa Mandir demeure en faveur de son déplacement. Ainsi, M. M. Quedou nous déclarait hier qu'il aurait personnellement préféré que le temple soit reconstruit sur un terrain à Choisy comme évoqué à un moment "parski finn éna tro boukou protestasyon autour sa" et parce qu'il estime qu'au lieu d'une plage qui demeure un espace public, il serait préférable d'aménager un temple dans un lieu "kot dimoun kapav plis konsentré ek fer la prièr". Un avis qui ne serait toutefois pas partagé par tous les responsables de ce mandir.


À Beau Vallon-Pas de consensus pour la préservation du Seedalamen Kovil
Il n'y a pas eu de dialogue possible entre les responsables du Seedalamen Kovil de Beau Vallon et le gouvernement, qui voulait empêcher la démolition et la reconstruction de ce kovil.
Selon les responsables de ce lieu de culte, la structure aurait atteint un état de délabrement tel qu'il constitue désormais un danger, d'où leur décision de le détruire pour reconstruire un kovil neuf au même endroit. Toutefois, selon des historiens, cette structure aurait été construite par la première génération de travailleurs engagés venus d'Inde, et serait aujourd'hui un des plus anciens lieux de culte hindou qui existent à Maurice. D'où la décision prise de constituer un comité conjoint réunissant le ministre des Arts et de la Culture et les directeurs de l'Aapravasi Ghat Trust Fund et du National Heritage Trust, pour aller, le 7 février dernier, rencontrer le comité directeur et les dévots du Seedalamen Kovil. Ce dans le but d'engager des discussions en vue de les convaincre de ne pas aller de l'avant avec leur projet de démolition de cette structure considérée comme historique.
Cette démarche aurait toutefois échoué avant même d'avoir lieu. La rencontre prévue pour vendredi dernier a en effet été annulée, des discussions préalables ayant apparemment achoppé sur des demandes de mesures palliatives jugées irrecevables.
De son côté, le Regroupement des forces vives de Grand-Baie, qui avait manifesté contre l'érection de ce temple, fait savoir qu'il continuera à s'opposer à ce qui demeure, à ses yeux, une structure illégale.

Le Week End 9 Fevrier 2003