Site d'enfouissement d'ordures à problème Les forces vives de Mare-Chicose campent sur leurs positions


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Les forces vives de Mare-Chicose qui protestent contre l'existence d'un centre d'enfouissement d'ordures dans leur village, campent sur leurs positions : ce sera la fermeture du site ou le relogement de tous les habitants. C'est ce qu'ont déclaré les principaux dirigeants des forces vives lors d'une conférence de presse, hier, au centre Marie-Reine-de-la-Paix, à Port-Louis. Une nouvelle manifestation des habitants est prévue le 16 courant, à 14 h. Mahendranath Boyjnath, membre des forces vives de Mare-Chicose, et un des animateurs de la conférence de presse, soutient que " le projet d'extension du site d'enfouissement de Mare-Chicose est horrible ". La conférence de presse a été marquée par la présence de plusieurs habitants, hommes et femmes qui pour leur part ont fait état d'autres problèmes, dont : " Valeur nou la terre pé dévalué ", se plaignent-ils.

" Le grouvernement veut aller de l'avant avec son projet d'extension en dépit du fait d'avoir été informé de nos problèmes ", constate Mahendranath Boyjnath, amer. Il exprime son scepticisme quant au projet d'incinérateur que le gouvernement envisage de mettre en place. " Même si on brûle des déchets, il y aura une nécessité d'enfouissement technique pour les cendres. L'incinérateur ne pourra pas brûler quelque 800 tonnes par jour. Qu'adviendra-t-il par la suite ? N'y a-t-il pas des risques de toxicité avec les cendres des déchets. N'y a-t-il pas des risques de fuites de gaz dans la nature ? ", s'interroge M. Boyjnath. " Le projet d'incinérateur est un projet criminel. C'est inacceptable que le gouvernement impose un tel projet à Mare Chicose […] L'incinérateur n'est pas idéal. Il y a des risques de contamination à travers des substances hautement cancérigènes. C'est dangereux ", maintient M. Boyjnath.

" Nous avons le droit de vivre… "

Il se réfère à un article de presse en date du 4 février 2001, pour soutenir son argumentation. Soutenant que le problème réel auquel sont confrontés les habitants est l'odeur nauséabonde, il maintient : " Nous avons le droit de vivre, le droit de respirer. Nous sommes des humains […] Le Premier ministre a le droit de faire de grands discours, mais son gouvernement ne peut pas venir imposer un projet indésirable ", maintient-il. Il laisse entendre que les forces vives sont disposés à coopérer avec le gouvernement en vue de trouver des solutions.

Selon des femmes présentes dans la salle, le site d'enfouissement de Mare-Chicose donnerait une mauvaise image du village : " Bann ti filles dans Mare Chicose pas pé gagne garçons pou marié. Ena dimoune pé moque de nou village. Valeur nou la terre pé dévalué… "

Pour sa part, le président des forces vives de Mare-Chicose, Balkrishna Goorcharan, a fait état de problèmes de santé auxquels sont confrontés des habitants : " Nou problème bizin traité dans Intensive care unit. Bann villages avoisinants zot pé souffert, zot malades, mais zot cas pas aussi grave. Zot oussi zot bizin gagne traitement dans la salle ", affirme M. Goorcharan. Soulignant que les forces vives de Mare-Chicose ont collaboré avec le gouvernement pendant trois ans, il soutient que la patience a une limite. Il déplore la politisation de leurs problèmes, : " Astère là qui politiciens pé rode costé avec nou. Na pas vinn rode capital politique avec nou ". Toutefois, il estime que l'engagement de Harish Boodhoo est une démarche " apolitique ".

Quant à Sookraj Behari, conseiller de village de Mare-Chicose et membre des forces vives, qui fait partie du groupe de cinq personnes incarcérées par la police à la suite des actes des vandalisme perpétrés au site d'enfouissement, il rejette les accusations faites à l'effet que certains seraient à la solde de partis politiques.

" Qu'ils soient des ministres du Ptr, ceux du MSM ou du MMM, ils n'ont jamais été à l'écoute de nos doléances. Nous ne soutenons aucun parti politique, cela d'autant plus qu'une partie du site d'enfouissement a été mise en place par le Ptr et l'autre partie par le MSM ", déclare M. Behari. Il allègue qu'à l'occasion de chaque grosse averse, des eaux usées, susceptibles d'être " toxiques " sont déversées dans la rivière.

Evoquant les circonstances dans lesquelles quatre jeunes et lui ont été arrêtés par la police, il soutient que ce soir-là, il avait recueilli deux litres d'eaux usées directement du tuyau d'un drain asséché. " La situation était devenu intenable. D'une part, lorsque nous avions téléphoné au poste de police de Cent-Gaulettes, on nous a référés au ministère de l'Environnement. A l'Environnement, ce soir-là, personne ne répondait… Il est impensable qu'on soit traités de terroristes ou de bandits ", insiste M. Behari.

9 fevrier 2002

Le Mauricien