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(Text in French)
Qui saurait dire avec certitude d'où nous
vient la varangue, les tourelles, les ballustrades, les auvents,
les lambrequins? Combien de temps a-t-il fallu pour que naisse
cette magie architecturale? Combien de temps pour que s'organise
cette parfaite ordonnance des details? Au fil des ans, les batisses
en pierre et en bois des premiers Français se sont développées,
et chaque génération a apporté sa contribution.
Si bien qu'en presence d'une association aussi harmonieuse avec
l'environnement, on peut se demander qui, de la nature ou de la
maison, a d'abord vu le jour. Uniques au monde, synthèse
de toutes les influences et courants venus de l'extérieur,
témoignages d'un art de vivre alliant les conditions climatiques
aux conditions sociales, les maisons de Maurice sont à
l'image de la diversité de sa culture, et de ses ethnies.
Traditionnel et modernité
En fait il y actuellement un bouleversement profond de la socièté mauricienne, qui comme bien d'autres jeunes pays traversent une crise d'identité qui tente de concilier à la fois modernité et tradition culturelle.
La modernité se traduit par des valeurs de
rationalité, d'efficacité, de productivité
et de progrés. Ces valeurs se répondent comme des
valeurs universelles partir du monde occidental. Nous pouvons
constater que ce modèle est entré en confrontation
avec le reste du monde. Ce caractère hègèmonique
méprise la valeur des cultures locales. Mais la crise écologique,
l'éffondrement des modèles produits commence à
produire des attitudes alternatives. A Maurice, nous sommes à
ce moment précis à ce carrefour. Comme dans plusieurs
pays du tiers monde nous sommes amènés à
reconquérir notre passé, notre histoire et à
partir de la construire de nouveaux schèmas culturels.
L'architecture forme partie intégrante de
la culture. Dans ce domaine, L' Ile Maurice a accepté la
modernité sans toutefois vérifier ses conséquences
sur le plan urbain. Sur le plan purement architectural se manifestent
des attitudes tantôt liées à un style moderne
international. D'ou l'urgence qui se manifeste, de dire, de faire
et de matérialiser;
L'Ile Maurice a des traditions culturelles concrètes
qui lui permettent d'assimiler le meilleur des autres apports
et de s'enrichir sur de telles bases. Si une culture ne peut pas
se nourrir des autres , c'est une culture fragile. Si elle n'a
pas une attitude critique, elle sera condamnée à
se répéter d'une maniére stérile.
Dans toute notre hitoire, et jusqu'a nos jours, notre socièté
a intégré les apports européens, asiatiques,
et africains à nos propres composants culturels. Cela s'est
produit spontanément sans qu'il soit toutefois officiellement
accueilli.
Point de convergence des cultures
Cette vision culturelle n'est point utopique. En fait en matière d'architecture, elle existe dèja. Mon propos est de dèmontrer que la maison dite "traditionelle", coloniale ou crèole selon les sensibilités ou susceptibilités locales, est déja une synthèse de tous les composants culturels du pays. Elle s'est créee lentement et graduellement.
L'Ile Maurice est un pays jeune: les premiers établissements humains datent du début du 18e siècle seulement. Comme tout pays colonisé, son histoire courte mais mouvementée l'a profondément marqué, aussi bien dans sa production et ses échanges, sa structure sociale et sa composition ehnique que dans son environnement bati.
Les colons français surent tirer parti du milieu physique et les maisons traditionelles de style colonial sont des exemples reussis d'architecture adaptéé au climat. Cet habitat traditionnel est lui-même un livre de connaissance en matière d'adaptation climatique. Chaque détail s'améliore petit a0 petit pour mieux contrer, mieux se protèger des excés climatiques.
Ainsi la maison va se protèger du soleil et de la pluie. Elle va créer un confort intèrieur que l'on retrouve pas toujours dans les maisons de nos jours.
Plusieurs éléments contribuent à cela :-
*son orientation par rapport au soleil
*son orientation par rapport aux vents généraux et aux pluies
*la forme et les dimensions des auvents/marquises
*la pente de ses toitures pour un écoulement
rapide des eaux pluviales, ces éléments furent tellement
stylisés, épurés que l'on fini par oublier
leurs fontions premières.
Avec le temps cette architecture a subi des transformations
dues aux influences africaines, anglaise, hindoue, indo-musulmane
et chinoise. Personne ne peut dire que ces apports furent malheureux.
Au contraire, c'est une facon pour ces nouvelles communautés,
venues de civilisation différente, d'exprimer leur identité
culturelle à travers des éléments d'architecture
typique pour en se gréffant à elle.
Voyons ensemble l'apport de chaque composant:-
L'apport de la colonie française
*1735-1736, plusieurs bâtiments publics sont
construits suivants des plans établis par des maitres d'oeuvres
francais.Vers 1740 vont se construire les grandes demeures des
plantations dont les grandes lignes architecturales s'inspirent
du classicisme francais de l'époque.
L'apport de la colonie britannique
A partir de 1810, la plupart des constructions furent
des bâtiments publics. On retrouvera l'ordonnance coloniale
de l'empire britannique aux décors indiens. Ce fût
souvent des plans conçus pour les colonies qui étaient
construits ici comme aux Indes.
L'apport Indien
A l'époque des français, nombreux furent les artisans tamouls de Pondichéry qui participèrent à la construction des édifices coloniaux français. Chacun y apportait leur pierre. Cette symbiose est telle que l'on reconnaît les insignes de la Compagnie des Indes sur les portes de la grande mosquée de Port Louis.
*Les plans français ou anglais étaient souvent sommaires et laissaient beaucoup de champ aux artisans, sculpteurs pendant la réalisation.
*Le trait le plus significatif de l'esthèthique indienne repose sur l'iconographie; cette iconographie est extrement abandante et ses symboles et ses signes sont intimement associés la religion et la philosophie.
*la peinture et la sculptures sont utilisées
sur les éléments de la maison (portes, poteaux,
escaliers,etc) pour évoquer des images ou rappeler des
réferences. C'est donc à travers l'iconographie
que s'est exprimée les artisans. Ils laissaient sur chaque
batiment des images et des symboles de leurs pays et de leur culture.
L'apport musulman
*l'apport islamique nous est parvenu surtout par
les immigrants de Gujarat. Qu'ils soient indiens ou musulmans,
les originaires de cette région de l'Inde contribuèrent
énormément à l'architecture de l'époque.
Ils étaient d'habiles sculpteurs sur bois et d'excellents
ferroniers. Leurs maisons "Havelis" en Inde comprenaient
dèja des élèments comme le moucharabieh (écrans
en bois filtrant la lumière et les regards indiscrets)
le patio, la vérandah, la balusrade a motifs floraux. Les
éléments étaient souvent stylisés
car l'Islam décourage les images et sculptures des déités.
L'architecture sans architectes
Il serait injuste de ne pas le souligner. La majeure partie des maisons dites créoles furent conçues par les constructeurs selon le même plan sans aucun document graphique. Le plan était tracé directement sur le sol généralement plat. Le modèle de réferrence était la grande demeure coloniale.
*Chaque artisan apportait sa contribution selon ses propres réferrences culturelles, sa compétences et son savoir faire technique.
*chaque client/propriètaire faisant apparaitre ses préferences et son gôut selon ses propres fantaisies.
*toutes ces différences (variante d'un même
modèle) ont crée une unité mauricienne et
ont fait de chaque maison un cas unique en son genre.
Il serait opportun ici de dire que tous les mauriciens,
toutes réligions et origines confondues ont fait appel
au même modèle de réferrence en matière
d'habitation. Toutefois les différences correspondent principalement
a leur moyens financiers- d'ou la taille de la maison, la richesse
dans les choix de materiaux , etc.
Voyons maintenant l'évolution de la maison
mauricienne à travers le temps.
LA MAISON DU XVIIIème1715-1820
Au XVIIIème siècle, l'économie mauricienne était à ses débuts et les premières habitations étaient sommaires. Mahé de La Bourdonnais, gouverneur de 1735-1747, chercha à persuader les colons de prendre à coeur l'amélioration et l'embellissement de leurs demeures et leur fournit les matériaux et les ouvriers nécessaires.
Les colons français tentèrent de transporter dans leur pays d'adoption un peu de ce qu'ils avient laissé à regret derrière eux. La construction de Mongoust (détruite en 1912) en est une illustration. La famille Le Juge de Segrais ayant abandonné sa proprièté en France, construisit a l'Ile de France un "petit Segrez". Alors que le chateau de Segrez est l'oeuvre d'un architecte et d'artisans spécialisés, Mongoust est l'oeuvre des colons...
Construite entièrement en bois, cette maison, véritable manoir, était un vaste batiment rectangulaire de deux étages... Le style était trés sobre, les proportions très heureuses, elle n'avait aucun cachet et, avec sa corniche saillante aux moulures classiques, elle prèsentait la caracteristique d'une demeure française du XIIIe...(Souvenirs de Segrais, de Mongoust-R. Le Juge de Segrais-1936).
Il est fort probable que les maisons étaient édifiées avec l'aide de quelques charpentiers de marine que Mahé de la Bourdonnais avait emmené avec lui pour la mise en chantier et la réparation des navires. Il n'est donc pas surprenant que les techniques et les principes décoratifs de l'architecture navale se retrouvent dans ce type d'habitation.
Ainsi les deux maisons illustrées ci-contre
sont couvertes d'un vaste toit qui resemble étrangement
à la coque d'un navire renversé, la structure résistant
à la force du vent plutôt qu'à celle de l'eau.
Sa construction
La maison est construite entièrement en bois, sauf les assises qui sont en pierres et qui s'élèvent jusqu'a 50 centimètres du sol. Le plancher repose sur ce muret et de petites ouvertures dans ce dernier assurent la ventilation du vide d'air ainsi crée. La varague est surélevée de 30 a 40 centimètres du sol par remplissage de pierres et de cailloux et la surface est constituée de pierres bien taillées. L'ossature consiste en poteaux, poutres et charpente et le contreventement est assuré par des pièces en diagonale. Des planches est clouées des deux côtés de la structure porteuse et forment ainsi un vide d'air dans les parois verticales. Des ouvertures (jalousies ou fenêtres) au-dessus des portes et cloisons assurent une bonne ventilation de toutes les pièces.
La toiture consiste d'une charpente en bois recouverte de planches formant un voligeage jointif et sur lequel sont placés des bardeaux. Dès le début, le bardeau fut utilisé comme couverture pour le toit. Cette fine latte de bois amincie à l'une des extrémités est clouée sur la charpente de bois. Les bardeaux étaient recouverts d'une couche de peinture composée essentiellement de bitume, lequel en renforçait l'étanchéité. La ventilation du comble est possible par la présence de jalousies dans les pignons, ou des lucarnes.
Les portes et fenêtres donnant sur l'extérieur sont toujours doublées et consistaient de battants en bois plein donnant vers l'extérieur et de battants vitrés vers l'intérieur. Quand ces ouvertures n'étaient pas protégées par les galeries et varangues, elles étaient coiffées d'auvents.
A cette époque, l'architecture se développa
principalement a Port Louis (ou le "plan grille" dessiné
par Cossigny permit un dèveloppement ordonné de
la ville). Il n'existait pas de village, les colons vivaient éloignés
les uns des autres dans leurs plantations, appelées "défrichis",
véritables "lots dans l'immensité de la forêt
tropicale.
LA NAISSANCE DE LA MAISON MAURICIENNE 1820-1860
Ce n'est qu'au cours du XIX ème siècle que le "style mauricien" naquit quand les colons français et anglais prirent conscience de la nécessité d'adapter leur architecture aux exigences du climat, comme a celles de la sociètè. Dès lors, toutes les constructions suivirent un certain nombre de régles établies. Les habitations en bois, le plus souvent, reposaient sur un soubassement en pierre qui les isolait du sol et permettait une aération constante. Cette surélévation leur conférait également une position dominante. La pierre, difficile à tailler, était réservée aux bâtiments administratifs, d'autant que le mortier de madréopores se lie malaisément.
Le plan est d'une simplicité remarquable, une double rangée de chambres communiquant entres elles. Il n'est pas rare que le salon occupe toute la largeur de la maison. Pour plus de ventilation, les fenêtres sont remplacées par des portes placées systématiquement dans le même axe.
Le corps de logis principal est composé du salon, de la salle à manger et des chambres à coucher. Les cuisines et salles d'eau sont de petites constructions séparées à l'arrière de la maison. Souvent des pavillons avec des chambres supplémentaires s'ajoutaient a l'ensemble, car les familles étaient nombreuses et il était habituel de recevoir frèquemment des invités de passage.
Autour du corps de logis vient se greffer la varangue, une structure indépendante, qui court sur un ou plusieurs côtés. Les toits de ces varangues étaient plats et furent communément appelés "argamasse" d'un mot portuguais "argamassa" qui signifiait un ciment composé de tuiles broyées et de chaux. A Maurice, la recette de l'argamasse était plus élaborée et contenait, dit-on, outre la chaux, un mélange d'oeufs et de sucre et autres ingrédients étonnants. Cette pâte, que les artisans indiens excellaient à fabriquer, devenait si dure qu'elle résitait longtemps aux plus fortes averses. Toutefois, l'argamasse sera bientôt remplacée par la tle.
La varangue isole les parois du corps de logis, les préservant à la fois de la pluie et de l'exposition directe aux rayons du soleil. L'on s'y tient volontiers à toute heure du jour car il fait toujours frais et, les chambres étant toujours plonges dans une demi obscurit, c'est l'endroit le mieux clair. La varangue permet d'accder directement aux pices principales. Elle devient un phnomne social dans un pays o l'hospitalit est un art de vivre ":..Elle est à la fois entrée noble de la maison, parvis... lieu de repas et d'échanges..."
(Etude préliminaire sur l'habitat traditionnel dans le département de l'Ile de la Réunion)
Personne n'oserait prétendre que la varangue est une invention mauricienne. Sous des noms différentes "galerie", "vrandah", "piazza", "porche", elle illustre une manire de vivre propre aux Europens vivant ou transplants dans un pays chaud.
Il faut noter qu'elle prit de l'importance à Maurice sous l'occupation anglaise à partir de 1810, influence des colonies britanniques.
La varangue est, on peut le dire, le symbole de toute
maison mauricienne. Elle représente pour ceux qui vivent
sous les tropiques ce qu'est la cheminée dans les pays
froids.
LA MAISON MAURICIENNE, ROMANTISME ET MANIERISME
1860-1930
Les épidémies de malaria co ncident avec l'ouverture du chemin de fer, beaucoup de familles dlaissent Port-Louis pour le climat plus sain des hauts-plateaux.
Dès lors, avec les facilités offertes par le transport férroviaire pour acheminer les matériaux, une serie de villages et de villes de caractère purement résidentiel se développe. Si Port Louis reste le centre commercial et administratif, les particuliers n'hsitent pas dmonter leur maison de la capitale, pour les remonter dans les hauts.
Ayant acquis une bonne ma"trise technologiques locales, les habitants n'hsitent plus se lancer dans la recherche de fantaisie, o l'on verra bientt la varangue vitre, le toit sous ses formes multiples, les tourelles, les fentres et leurs auvents, les bow-windows, le tout allant de pair avec une forte exubérance ornementale. Nous sommes loin des premières cases de bois équarri. Il s'agit désormais d'un lieu qui doit être confortable, et qui, bien plus, doit réflèter le statut social de son propriètaire, lequel accorde beaucoup d'importance à l'esthétique de la façade principale, dont la varangue est l'élément majeur.
Il y a trois types de varangues: la varangue à colonnades très simples; la varangue plus élaborée à ballustrade et nantie de décoration, ces deux genres s'entremêlant quelquefois, et la varangue vitrée, phénomène social bien plus que variante utilitaire, car elle est prsente aussi bien dans les rgions chaudes que sur les hauts-plateaux.
La fermeture de cette varangue par des vitrages sans aucune protection solaire est nfaste pour les rgions chaudes. Ainsi la varangue perd de sa vrai fonction et:
-devient un endroit chaud même après le coucher du soleil, par effet de serre et accumulation de chaleur dans la masse thermique du sol,
-la ventilation est difficile quand il pleut,
-la circulation de l'air devient plus difficile car même si la paroi vitrée contient des fenêtres, elles sont peu nombreuses et la plupart du temps fermées.
C'est l'époque de l'exubérance victorienne, aussi bien que celle des villas bourgeoises en France. Il ne faut pas oublier que sous l'administration anglaises, la population franco-mauricienne a pu conserver ses coutumes et ses traditions et qu'elle est toujours trs influente.
Dans leur ensemble, les principes architecturaux restent toujours les mêmes. Pourtant, il est difficile d'être catégorique sur l'origine des éléments nouveaux cités plus haut. La varangue vitrée, par exemple, pourrait bien nous venir du "conservatory" anglais trs en vogue au XIX me sicle, mais il est galement vrai que le jardin d'hiver existe à la même époque en France. Par contre, les tourelles sont indéniablement d'origine française et les bow-windows typiquement britanniques.
Le changement majeur de cette époque se trouve dans la configuration du toit. Le toit à quatre pans couvrant les pièces de la maison telle la coque d'un navire est remplacé par une serie de petits toits, souvent à pignons. Ces deux procédés trouvent-ils une explication dans l'architecture des Antilles, o le toit quatre pans existe uniquement dans les îles françaises, et peut-on en inférer que le toit, sous ses formes multiples, serait un phénomène anglais?
Durant toute cette période, la rigueur et la simplicité du début sont délaissées pour une architecture plus éléborée et complexe, mais toujours conçue à partir du même modèle.
Chacun se sent libre de créér et d'innover
au gré de sa fantaisie.
LA MAISON POPULAIRE PERPETUE LE STYLE MAURICIEN
1930-1960
Hélas, l'avènement du béton vit le déclin du bois et ce n'est que grâce à la maison populaire que l'architecture traditionnelle survcut.
De proportions plus modestes, elle contient tous les éléments du style mauricien; modèle réduit des grandes demeures, elle s'en différencie toutefois sur trois points: l'utilisation de la tôle est essentielle; les couleurs vives, qui succèdent aux tentes sobres et refltent l'amour du Mauricien pour les tons "chazaliens"; la dissymtrie, qui fait oublier souvent la rigueur des demeures patriciennes. Le rsultat est pittoresque.
Bien que toute petite, la varangue garde son rle de pice d'accueil et devient la pice principale de la maison. C'est l que l'on vit. Mais la varangue, devanture et image de marque de la maison va encore subir des transformations. "Les varangues furent encadres de deux pignons précédant le corps du logis( les chambres sont en général disposées systématiquement et latéralement par rapport à la varangue), modeste rappel de la nostalgie des châteaux". Ces pièces que nous appelons "godons" ou "godown" ont parfois des plans circulaires ou héxagonaux et des toitures à très forte pente. Elles servent souvent pour le repas, la lecture, la couture et les jeux d'enfants, et parfois comme chambre.
Le plus souvent, la cuisine ne fait pas partie du
logis mais se trouve en annexe à l'arrière de celui-ci,
tout comme dans les grandes maisons de jadis.
Sa construction
La construction se fait avec les mêmes techniques que pour les maisons précédentes, mais souvent des matériaux moins chers et moins nobles sont utilisés.
-Les bardeaux sont souvent remplacs par la tle galvanise ondule.
-Les parois extérieures sont parfois réalisées
en tôle ondulée pour le côté extérieur
et en planches à l'intérieur.
Comportement au climat
La tôle ondulée a moins de résistance thermique que le bois et la transmission de chaleur est supérieure. Cependant grâce au vide d'air cette paroi mixte a une bonne performance et elle est toujours de faible inertie.
Toutefois les tôles mal fixées sont
vite arrachées pendant les cyclones et lorsqu'une tôle
cède, souvent toute la couverture peur s'envoler.
Les caractéristiques de la maison traditionnelle
mauriciennne
SCHEMAS D'ORGANISATION DES MAISONS
Toutes les maisons sont caractérisées par les aspects suivants:
-Inexistence de couloirs. Chaque pièce communique avec les pièces voisines.
-Présence de la varangue avant qui donne sur le jardin et sur la rue.
-Disposition de la cuisine, salles d'eau (étables et poulaillers s'il y a lieu) dans la cour arrière, séparés de la maison.
-Utilisation de la varangue arrire comme espace plusieurs fonctions (gros travaux, travaux de mnagres, jeux d'enfants, salla manger) ou sa rcupration pour rajouter d'autres pices la maison.
-Présence presque permanente d'une petite pièce (qu'on appelle godon) à côté de la varangue avant.
-Orientation de la façade principale de la
maison sur la rue.
LA DECORATION
"La fantaisie ne tarda pas à se meler à la sévérité des lignes, l'extrémité des bardeaux s'arrondis, le bois, le fer-blanc découpés en festons, en entrelacs soulignrent les corniches, les chneaux et les marquises. Chacun y apporte sa contribution, arabesques d'inspiration musulmane et indienne, volutes chinoises, stylisations africaines sous certaines formes: sources diverses qui ont russi crer une unit Mauricienne"
Cet extrait de la préface de Marcelle Lagesse
dans "Maisons Traditionnelles de l'Ile Maurice" nous
donne une idée sur la décoration de la maison mauricienne
et sur ces origines.
COMPORTEMENT AU CLIMAT
La maison est très adaptée au climat et résiste aux cyclones si elle est entretenue rgulirement. La trs forte humidit et les termites sont les dangers qui menacent le bois, mais peuvent tre carts par un bon traitement fongicide, insecticide et hydrofuge, ainsi que par une protection des pices exposées aux intempéries avec de bons détails de construction.
Les facteurs et éléments positifs sont:
-la faible inertie des matériaux utilisés qui convient parfaitement à notre climat chaud et humide,
-la forte pente de la toiture permet une écoulement facile de l'eau de pluie,le comble non-habit et ventil rduit la quantit de chaleur transmise travers de la toiture, moins d'nergie incidente est absorbe aux heures critiques, quand le soleil est haut dans le ciel, l'angle d'incidence tant grand.
Toiture terrasse: angle d'incidence (i) faible; grande quantité d'énergie incidente absorbée.
Toiture en pente traditionnelle: i est grand; moins
d'énergie absorbée.
LA VARANGUE OUVERTE
Elle procure une zone d'ombre pour se reposer, et
d'où l'air frais est puis pour rafra"chir l'intrieur
de la maison. Elle protge aussi les parois extreures
contre le rayonement solaire direct. Des stores en lamelles de
bambous sont drouls jusqu'au sol pour la protection
quand le soleil est bas dans le ciel. Enfin la varangue permet
la ventilation des pièces même quand il pleut.
LE VIDE D'AIR VENTILE
Entre le plancher et le sol, protège contre
la montée d'humidité et procure une isolation contre
la fote inertie du sol.
LA MAISON D'AUJOURD'HUI 1960-1990
Les transformation apparues, leus effets et solutions
possibles
-La vérandah avant en béton armé
Ceci est né de plus de sécurité en période de cyclones et peut-être aussi pour l'image de marque de la maison.
L'effet de serre est important et l'inertie est plus forte. Les solutions possibles:
-ZONES B et C
*orientatation Nord de la vérandah vitrée
*ouverture permanente des vitrages en été
-ZONE A
*éliminer ou réduire les vitrages
*protection contre le rayonnement solaire
*permettre une ventilation permanente
Rapprochement ou introduction de la cuisine et les salles d'eaux dans la maison
Ceci est plus pratique mais il y a le problème de la chaleur, des odeurs et de la fumée dégagées par la cuisine. Les solution possibes sont:
-permettre une bonne ventilation de la cuisine, au moins une ouverture donnant vers l'extérieur
-empêcher les odeurs de circuler en fermant les ouvertures communiquant avec le reste de la maison
-séparer la cuisine de la maison par un couloir ventilé
-utilisation de la cheminée.
Couloirs
Cest le signe d'un besoin de plus d'intimité dans les pièces, mais le problème est que cela diminue la ventilation des pièces.
Les solutions possibles sont:
-construire des ailes avec une seule pièce d'épaisseur
-prévoir des ouvertures pour la circulation de l'air dans la partie haute de cloisons
-ajourer les portes avec des jalousie.
Disparition du vide d'air sous le plancher
La surélévation se fait par remplissage de pierres. Cela augmente l'inertie du bâtiment et laisse pénétrer l'humidité. La pratique du vide d'air sanitaire devrait tre remise en valeur par:
-utilisation de poutrelles en béton armé et hourdis en béton
-prédalles
Matériaux et techniques
Le remplacement de tous les matériaux traditionnels par le béton, devenu général, est justifier la bonne résistance du béton contre les cyclones et par le fait qu'il ne pourrit pas et ne subit pas d'attaques des termites. Sa forte inertie est son principal dsavantage et l'utilisation des volcaniques existant dans l'"le pour la fabrication d'un bton léger pourrait résoudre ce problème.
Les bois de construction sont en majeure partie importés et coûtent chers. Les bois locaux sont de qualité moyenne et devraient subir des traitements fongicide, insecticide et hudrofuge pour améliorer leurs performances.
Le métal est utilisé sous forme de tôles ondulées galvanisées pour les toitures, mais disparaissent elles aussi à cause de mauvaises techniques de fixation. Pourtant, alliées avec des penneaux agglomérés elles donnent des toitures très performantes.
La chaume ne se voit presque plus cause du problme d'entretien (il faut changer de couverture tous les cinq sept ans) et de la main d'oeuvre de plus en plus rare. Elle est utilise surtout pour les htels et bungalow le long des ctes.
Les inconvénients de la maison moderne
-toiture terrasse en béton armé, sans étanchéité; accumulation de chaleur et rayonnement vers l'intérieur la nuit,
-infiltration de l'eau à travers de fissures,
-forte inertie; du lit de pierre sur lequel repose la maison et du béton (parpaings et structure bton arm).
Le béton armé résiste sans problèmes
aux cyclones, mais nous ne devons pas oublier ue les structures
métalliques ou en bois ont l'avantage d'une faible inertie
et devraient être utilisées quand c'est nécessaire,
surtout pour la toiture qui reçoit le maximum d'apport
nergtique.
Les différents éléments de
l'architecture créole urbaine
La maison créole urbaine se distingue de la paillote ou "calbanon", case rurae construite avec les matériaux du site. Elle se distingue galement des grandes villas, images dformes d'une architecture que les grands propritaires ont vu en France. Cette architecture n'est pas spcifiquement mauricienne. On trouve son double en Louisiane, aux Antilles, dans toutes les pays climat quivalent. L'architecture de la grande villa créole est internationale. Pourtant elle n'est pas un modèle figé comme la villa-château, comme l'attestent son évolution et la diversité de ses variantes dans l'espace et le temps.
La case créole urbaine est surtout caractrise par sa faade. Son plan, les relations qu'elle entretient avec la rue ou le jardin, rpondent aux contingences d'un modle culturel et d'un environnement naturel particulier.
L'architecture de la façade est faite pour être vue, et pourtant nous verrons qu'elle est aussi le produit de savoirs faire constructifs qui lui permettent de répondre aux différentes sollicitations climatiques (eau, vent, soleil), et qui, d'autre part, donnent aux lments de style classique qui la composent, l'empreinte culturelle des différentes ethnies de l'île.
La diversité des matériaux utilisés
est un facteur déterminant de la diversité architecturale
de la case urbaine. Ces matériaux, d'abord issus des ressources
locales, ont évolué en même temps que l'évolution
économique et politique de l'île. On leur a substitu
peu peu des produits manufacturs imports. Il
est inconstestable que ces produits sont devenus des lments
conventionnels de l'architecture crole, mais leur mise en
oeuvre a t et est encore le plus souvent associée
à des solutions architecturales inadaptées.
Le plan de masse
La parcelle de terrain où est édifiée la case est appelée "l'emplacement". Elle comprend en général la case elle-même, les dépendances que l'on nomme "longère", le terrain restant étant appelé "la cour". On distingue dans la cour elle-même l'avant et l'arrire que l'on nomme jardin et cour arrire ou "derrire". L'emplacement est limit par une clture, un mur en principe, dont le portail est appel "barreau".
La case est implante au centre du terrain, mnageant ainsi devant et derrire elle les deux parties de la cour. L'troitesse de certains terrains est telle que les circulations latrales pour aller de l'une l'autre deviennent inexistantes. Toute en longueur, comme son emplacement, la case rejette à l'extérieur les locaux de services, la cuisine, le lavoir, les divers celliers et appentis et enfin la fosse d'aisance qui se trouve, elle le plus loin possible.
Séparées du reste de l'emplacement
par une clôture basse, la cour arrire est un lieu
de fonction. Un ou deux gros arbres ombragent des emplacements
o l'on peut travailler au frais. La volaille s'y bat
en libert et les fruitiers courants, papayers et bananiers,
y poussent de manire anarchique. Le jardin de devant est,
quant à lui, un lieu de prestige.
La végétation
La végétation est une composante essentielle de l'architecture créole. Elle est dans le jardin et dans la maison.
Dans "une région où la nature est exubérante et prodigue de ses végétaux", le crole reste pourtant un maniaque des plantes et de leur reproduction. Tout ce qui pousse ailleurs doit pousser chez lui. aussi le jardin, partie antrieure de la cour se trouvant entre la case et la rue, est-il envahi d'une profusion souvent anarchique de plantes et e boutures. La case créole, et en particulier sa façade antérieure, composée pourtant avec tant de soin, se contente de transparaître à travers la végétation. Les lambroquins se confondent avec le feuillage, avouant ainsi leur véritable origine. Les impostes ajourées deviennent arrières plans, les vitrages ont des reflets qui servent de faire valoir aux fleurs et aux feuillages.
Cette végétation du "jardin de devant" est très conventionnelle. On y retrouve pratiquement toujours les mêmes plantes. La plus petite cour comportera toujours au moins les crotons, buissons aux feuilles colorées allant du vert au rouge en passant par toutes les nuances du jaune et de l'orang. Ils apportent une note chromatique qui rsonne agrablement sur la blancheur de la façade.
La varangue
Mot marin d'origine scandinave, synonyme de vérandah, la varangue est un lieu scénique de cette façade décor. Espace privilégié de la maison créole, elle exprime le raffinement d'un art de vivre tropical. Elle est donc l'objet de soins particulier du constructeur.
La varangue est un espace intermédiaire entre l'intérieur et l'extérieur, un espace de transition dont les variantes sont nombreuses.
D'abord, elle fut un espace creux dans la façade principale du bâtiment. Invagination de l'habitation, pntration de la cour dans la case, elle cre un espace ar et ombr o il fait bon vivre aux heures chaudes de la journe. On la meublera donc de confortables fauteils et de tables basse, mais aussi de guridons supportantfougres et capillaires ou orchidées en fleurs. Elle est tout à la fois espace de représentation, d'accueil et de repos. Génératrice d'ombre, elle donne au salon ou séjour,sur lequel elle s'ouvre, un air frais que s'il y pénétrait directement. Génératrice de ventilation aussi puisque sa disposition et celle des pièces en enfilade en font un véritable entonnoir à courants d'air.
La varangue a été un élément
de l'évolution du plan et de la forme de la case créole.
Elle constitue en effet un volume auquel il ne manque qu'un côté
pour faire une pièce d'habitation. La fermeture de la varangue
répond à un besoin de place ou de meilleure protection
contre la pluie et le vent, mais elle en cre finalement
un autre. C'est ainsi qu'apparait la varangue rapporte avec
son toit contrepente et son bandeau à fronton.
Impostes et balustres
Impostes et balustres sont de éléments ajourés en panneaux ou bien éléments de bois découpés et ouvragés. Reproduisant des motifs à dominante florale, ils incorporent à la façade la végétation qui l'entoure. Les impostes sont des entrelacements de lianes piquetes de fleurs cernant parfois une figure gomtrique. Les balustres reproduisent en srie des colonnettes ajoures et ouvrages.
Ils ferment à la vue extérieur des ouvertures pratiquées en haut et en bas des croises, laissant passer l'air tout en filtrant la lumire.
L'étanchéité des impostes est assurée par l'auvent central de la varangue. A l'intérieur de la case, on retrouve parfois les impostes en haut des cloisons de séparation ou des portes. Ce système permet une bonne ventilation et l'évacuation de l'air chaud par les impostes de la faade.
Le motif des balustres se retrouve parfois en garde
corps entre les poteaux d'une varangue ouverte. On constate parfois
une dernière intervention du bois dcoup en
dessous des barres d'appui des fentres, le motif jouant
le rle de protection pour les enfants.
Auvents et marquises
La fonction des auvents et marquises est de protéger les ouvertures contre le soleil et la pluie. Il est bien agréable, lorsque la pluie tombe, de profiter de la fraîcheur ambiante tout en laissant les croisées ouvertes en grand. De même, aux heures chaudes de la journe, il est ncessaire que les rayons du soleil ne pntrent pas dans les pices lorsque les volets sont ouverts. La construction de ces pare-soleil témoigne d'un grand savoir faire climatique. Leurs ombres portées sont toujours finement calculées.
L'ancrage pour les marquises et les supports pour les auvents doivent être solides pour pouvoir supporter, outre leur propre charge, les riques d'arrachement d'un fort vent de cyclone. Les jambes de force des auvents, d'assez forte section, sont chantourns afin d'allger leur aspect massif. L'tanchit, d'abord assez prcaire, fut ensuite ralis grce une feuille de tôle formant solin contre le mur et couvrant les joints des corniches ou finissant en lambroquins por certaines marquises.
Les éléments de bois finement ouvragées, qui bordent toutes les protections, constituent avec le toiture pavillon en tôle un élément significatif de la case créole. Elles servent à pièger les eaux de ruissellement et à les faire dégoutter verticalement. Malgr l'apparition de gouttire, de zinc et de plastique, les lambroquins constituent mon sens un excellent moyen de diriger les eaux pluviales dans cette région. Sil pleut violemment, les lambrequins ne produisent pas d'autre effet que celui des gouttières débordantes.
Les lambrequins mettent en valeur les éléments
naturels de l'environnement de la maison. Pièges à
gouttelettes mais aussi pièges à lumièers,
ils déssinent sur la façade des dentelles d'ombres
dont la forme évolue avec l'inclinaison du soleil.
Les corniches
Les corniches sont des éléments utiles à l'étanchéité du revêtement et de la structure. Or travaillés en rfrence au modle grec, ils constituent des lments d'ornement de la faade.
Elles sulignent le raccordement entre façade
et bandeau "cache-toiture". Leur fonction est de préserver
la façade d'un trop grand ruissellement. On les trouve
aussi en bordure d'auvent où leur action se combine à
celle des lambroquins, et enfin au niveau des baies o elles
marquent et protgent les transitions entre vides et pleins,
et entre divers "lments d'aration".
Un solin en tle permet gnralement d'tanchifier
le joint entre corniche et revêtement, de même qu'un
chapeau protège la tranche du bandeau, et un revêtement
de tôle l'intérieur de celui-ci.
Les ouvertures
Les ouvertures de la case créole sont hautes et étroites. Leur vitrage est finement cloisonné. Les ouvertures sont une composante essentielle de l'affinement du volume lourd et ramassé de la case.
Hautes et étroites, elles les sont pour combiner un habile dosage d'éclairage et de ventilation de l'habitat. La lumière est la bienvenue dans la case sielle n'est pas accompagne de chaleur. Gnralement, fentres et portes fentres comportent une imposte ouvrante permettant l'air chaud de s'chapper mme si la croise est ferme. Parfois, se sont les petits carreaux suprieurs qui s'ouvrent de manire autonome. L'assemblage entre ouvrant et dormant est très simple, en principe une simple feuillure ou même un assemblage à joint plat. De ce fait, l'épaisseur des sections dépasse rarement 30 mm; le mouvement est assuré plus souvent par des charnières que par des paumelles, le poids des ouvrants étant peu important. L'étanchéité de telles ouverture est relative mais, nous l'avons vu compensée par des éléments extérieurs. cette étanchéité est en effet assurée, en cas de faible pluie, par des corniches, des auvents et des marquises, et en cas de pluie cyclonique en occultant totalement l'ouveture l'aide de volets.
Les volets constituent des éléments de protection particulièrement intéressants, à la fois contre l'éffraction, contre le soleil, les pluies et les vents cycloniques.
L'ossature n'est pas traitée à barres
et écharpes, mais en montants et traverse soutenant le
panneau intérieurement. Au centre, in montant en retrait
d'un côté et en débord de l'autre forment
battant et battus. La fermeture est originale. elle s'effectue
l'aide d'une barre de force en bois, pivotant sur un axe
fix l'intrieur sur le montant battant. Cette
barre est appele bascule. Elle bascule en effet et vient
s'enclancher dans deus cales, occultant solidement la baie. Cette
bascule offre l'avantage d'être un raidisseur supplémentaire
dans la résistance aux vents cyloniques.
Eléments et facteurs architecturaux favorables du point de vue bioclimatique:
-La varangue ouverte
-Séparation de la cuisine de la maison
-Toiture à forte pente
-Vide d'air sous le plancher
-Faible inertie du bois
-Ouvertures à double battants
-Auvents au-dessus des ouvertures
-Comble ventilé
-Parois double-peaux
Facteurs contraignants
-Inexistence de couloirs; manque d'intimité
-Séparation des salles d'eau de la maison
-La varangue fermée par des vitrages
La démarche contemporaine
Les condtions actuelles de surpopulation, manque de logements, de matériaux et éléments de construction locaux font qu'une évolution de l'architecture est nécessaire. Mais l'esprit d'intégration au milieu physique et humain si évident dans la maison traditionelle doit tre conserv et ce sera la proccupation principale de ce travail.
Au regard de ce qui a été déja exprimé, on se demande s'il existe une architecture mauricienne ou s'il y a un style architectural mauricien.
Par architecture mauricienne, j'entends une architecture
,une expréssion culturelle à laquelle tout les mauriciens
y ont contribué quelquesoit leurs origines sociales ou
réligeuses. Elle a été mal nommée
en la baptisant "coloniale" ou "créole".
Il est grand temps que tout le monde soit concern, que cette
architecture soit le rsultat, le point de convergence de
toutes nos cultures .Elle est donc par essence mme leur
ultime expression culturelle. Elle appartient à tout le
monde; cette architecture est mauricienne à part entière.
Pour ce qui est du style architectural mauricien, il apparait nécessaire à ce stade de dire que 3 tendances se déssinent:
* le pastiche
* le revivalisme
* la nouvelle architecture mauricienne à la
synthèse.
Le pastiche: il y a le style et il y a la mode. Les éléments de style sont entres autres, l'échelle, les proportions, les matériaux, les couleurs, le contexte, la typologie et le symbolisme. Le pastiche confond souvent le style et la mode. Le style dcoule des besoins rls d'une socit. La mode est une attitude superficielle adopte dans les vêtement, les danses, les cuisines. Elle est par définition même éphémère. Penser associer l'architecture à une mode est illogique. Un bâtiment est là pour fort longtemps à notre grande désespoir ou à notre grande joie.
Le revivalisme: cette tendance cherche surtout à
travers une architecture de base simple à se charger d'éléments
décoratifs fortement porteurs de signes et de symboles
du pass. Les rferrences des fonctions anciennes
(la vranda par exemple) ou futures peuvent ainsi tre
suggres par des lments adapts,
la fois contemporain et riches en significations. Cette architecture
a le mrite d'utiliser des matriaux nouveaux, plus
durables, plus économiques et des techniques nouvelles.
Le danger de cette approche réside dans son manque de renouvellement,
de sa stagnation, sa réticence à une recherche d'innovation.
Elle risque de tomber dans la copie et la réutilisation
à l'infini des mêmes éléments.
Mon objectif sera la présentation de la synthèse
de tout ces éléments architecturaux. Cette recherche
vise à créer une architecture qui relie les préoccupations
culturelles de notre pays, de notre temps à l'attraction
fulgurante d'un avenir très vaste. Cette recherche sera
dirige selon 2 axes: Historique et Contemporain. Elle cherche
concevoir des btiments adapts aux ralits
mauriciennes et tourns vers l'avenir. Elle fera la synthse
des deux tendances, car cette architecture sera marquée
historiquement et culturellement (hindoue, coloniale, islamique,
créole) tandis que les nécessités techchniques
sont internationales et culturellement neutre. Ainsi il sera possible
de prendre des références spécifiques dans
le passé et les intgrer dans l'architecture contemporaine
sans danger d'clectisme. Un processus plus logique pour
aller vers une architecture nouvelle qui prolongerait le travail
de nos anciens.
Et c'est cette démarche que je compte envisager dans le cadre de ce projet. Ainsi elle incorporera ds le dbut du projetage les facteures physiques tel que :-
* le climat: en favorisant la ventilation des maisons , étant donné que l'on se trouve dans un climat sub-tropical;chaud et humide.
* le site: respect de la forme du terrain, sa pente , son environnement et les contraintes du terrain.
*les matériaux: en utilisant des matériaux
à faible inertie thermique et ou résistant aux rafales
de vent des cyclones. Protection des ouvertures contre le rayonnement
solaire.
Ainsi composer avec eux pour obtenir des ambiances
confortables à l'intèrieur de l'habitat. dans un
sens le plus large, on devra aussi prendre en compte le milieu
humain. Elle se fera par une prise en compte du mode de vie des
futurs habitants et du mode de production du bâtiment à
Maurice, tout en utilisant certains éléments de
l'architecture traditionnelle.
Last Update: Saturday, January 31, 1998